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Faire disparaître toute trace de soi, y compris les enfants

La très grande majorité des parents qui tuent... (Photo: François Roy, La Presse)

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La très grande majorité des parents qui tuent leurs enfants se suicident par la suite. Sur la photo, une scène des funérailles des trois enfants tués à Chicoutimi en janvier dernier.

Photo: François Roy, La Presse

Six drames familiaux en trois mois... Une coïncidence? Peut-être, répond le psychologue Hubert Van Gijseghem. Ou peut-être pas. «Il est également vrai que lorsqu'il y a un geste spectaculaire dans une société, et que ce geste a beaucoup de visibilité à cause des médias, il y a un effet de contagion.»

Pour des gens fragiles ou vulnérables, «entendre parler d'une solution qui a été utilisée par quelqu'un d'autre, ça donne des idées auxquelles ils n'auraient pas pensé, dit le professeur de l'Université de Montréal. Mais comme d'autres l'ont fait, cette personne vulnérable et en désarroi voit que c'est une option qui est faisable».

 

Les femmes commettent plus souvent des infanticides - le meurtre d'un nouveau-né. Les hommes, eux, sont plus nombreux à tuer leurs enfants plus vieux.

Un parent peut décider de faire «maison nette» à cause d'un trouble mental ou d'une dépression.

Chez certaines personnes qui souffrent d'un «narcissisme exacerbé», une rebuffade professionnelle ou personnelle (comme un divorce) peut les emmener à vouloir disparaître en entraînant avec elles tout ce qui leur est associé. «Dans ces cas-là, souvent, ses enfants sont comme des excroissances, dit le psychologue. Ils voient l'enfant comme un autre petit soi-même.»

Les hommes, observe le psychologue Pierre Faubert, s'en prennent aux enfants pour faire du mal à leur mère. «La mère est diminuée lorsque son enfant est menacé.»

Par contre, la mère risque de s'en prendre aux enfants lorsqu'elle se sent menacée; elle voit leur mort comme une façon de les protéger, dit le psychologue.

La très grande majorité des parents qui tuent leurs enfants se suicident par la suite. «Ceux qui ne le font pas, c'est parce qu'ils se sont ratés», dit Hubert Van Gijseghem.

Sonder le mal-être

Comment faire pour prévenir ces drames? «On parle toujours de prévention, dit Hubert Van Gijseghem. Mais quelque part, c'est une illusion. Ce genre du coup d'éclat relève de l'imprévu. S'il y en avait des milliers par année, on pourrait faire des études statistiques pour connaître les facteurs de risque d'un passage à l'acte. Mais la prévalence n'est pas assez grande pour faire une recherche fine sur le sujet. On a beau dire: on aurait dû le savoir! Mais ce n'est pas vrai.»

Depuis quelques semaines, le psychologue Pierre Faubert milite en faveur d'une sorte de commission publique qui sonderait le mal-être dans les familles québécoises.

«Il y a un mal qui tue les enfants. Pour chaque enfant qui meurt, il y en a plusieurs qui souffrent», dit M. Faubert, en pensant aux enfants qui apprennent qu'un camarade a été tué par son père ou sa mère.

Il souhaiterait voir une commission, comme celle de Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, «aller voir dans différents milieux, entendre les représentations des gens».

«Peut-être qu'à travers le peuple, il y a une sagesse que les soi-disant experts, moi inclus, on ne voit pas. Il y a des choses qui nous échappent.»

DES RESSOURCES POUR LES PARENTS: > Assistance Parents 1-888-603-9100 > Suicide Action 514-723-4000 1-866-APPELLE (277-3553)

 




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