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Une gestion à la mitaine au cabinet de Me Archambault

Paies en retard, absence de factures, course contre la montre pour combler le... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Paies en retard, absence de factures, course contre la montre pour combler le compte d'exploitation du bureau. Malgré l'abondance de dossiers et les sommes considérables que cela engendrait, il n'y avait pas de véritables structures administratives au cabinet de Me Claude F. Archambault. Le grand manitou décidait tout, mais gérait à la mitaine. Et plutôt mal, semble-t-il.

C'est, entre autres, ce qui se dégage des témoignages rendus au cours des deux derniers jours devant le comité de discipline du Barreau, par des avocats et d'ex-employés de Me Archambault. Le Comité doit décider si le célèbre avocat, qui a gravité dans le monde des vedettes, est coupable de 111 infractions à son code de déontologie. En fait, on lui reproche de ne pas avoir déposé des sommes (environ 165 000$) avancées par des clients dans son compte en fidéicommis, comme il aurait dû le faire. D'ailleurs, ce fameux compte en fidéicommis ne servait pas beaucoup, selon Hélène Chayer, qui a travaillé pendant 13 ans pour Me Archambault, soit de 1994 à mai 2007.

 

Embauchée comme secrétaire juridique, Mme Chayer s'est retrouvée également à assumer seule la comptabilité du bureau pendant plusieurs années. Elle ramassait les enveloppes d'argent ou les chèques laissés par les clients, et les remettait à Me Archambault qui décidait quoi faire avec. Le matin, Mme Chayer consultait le solde du compte de banque assigné à l'exploitation du cabinet pour voir s'il manquait de l'argent. «Me Archambault fonctionnait au jour le jour. Il faisait des chèques postdatés à tout le monde. S'il manquait 5000$ dans le compte, il me le donnait. On avait jusqu'à 11h pour déposer. Des fois, il manquait d'argent pour les dépôts, il fallait qu'il en prenne ailleurs. Ça prenait beaucoup d'argent pour le compte d'opération du bureau», a expliqué Mme Chayer, avant d'ajouter que Me Archambault ne voulait pas laisser d'argent dans le compte, de crainte de se faire saisir. En ce qui concerne le compte en fidéicommis, elle dira «qu'on ne le vérifiait pas, car on ne pouvait pas faire de chèques». D'ailleurs, il y avait rarement des dépôts dans ce compte.

En ce qui concerne les honoraires, ils étaient toujours fixés par Me Archambault et il s'agissait la plupart du temps de sommes forfaitaires pour tout le dossier. «Il n'y avait pratiquement jamais de factures. Il y en avait quand le client en demandait, ou quand le dossier se retrouvait au syndic en raison d'une plainte.»

Les avocats qui ont travaillé pour Me Archambault avaient tous le même statut: ils étaient à salaire, mais étaient considérés officiellement comme travailleurs autonomes. Si bien qu'aucune déduction n'était faite sur leur chèque de paie. Leur salaire n'était pas versé de façon régulière. «On n'était pas payés à la semaine ou aux deux semaines. Ça pouvait prendre trois semaines, un mois. Des fois, Me Archambault arrivait et il payait tout le monde», ont expliqué plusieurs des témoins.

Signalons enfin que, encore une fois, Me Archambault ne s'est pas présenté devant le comité de discipline, hier. Mais il y avait une antenne puisqu'un jeune avocat de son bureau a assisté aux deux jours d'audition, et prenait tout en notes.

La suite de l'audience se poursuivra en janvier.

 




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