Ado de 17 ans abattu: quatre ans de prison pour le policier Éric Deslauriers

Au terme de son procès, Éric Deslauriers a... (Ivanoh Demers, La Presse)

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Au terme de son procès, Éric Deslauriers a été reconnu coupable en septembre dernier d'homicide involontaire en ayant déchargé intentionnellement une arme à feu de façon insouciante sur un adolescent. Il était de retour devant la juge aujourd'hui.

Ivanoh Demers, La Presse

Le policier de la Sûreté du Québec Éric Deslauriers a pris le chemin de la détention jeudi matin, les mains dans les poches, sans même être menotté par les agents. La juge Joëlle Roy a imposé une peine de quatre ans de pénitencier à l'homme de 46 ans pour l'homicide involontaire d'un adolescent de 17 ans avec une arme à feu, la peine minimale pour une telle infraction.

La salle d'audience du palais de justice de Montréal était bondée de proches du policier jeudi matin. Quelques personnes sont même restées debout, au fond de la salle, pour assister à la brève lecture de la décision. D'emblée, la juge Roy a indiqué à M. Deslauriers qu'elle allait suivre la suggestion commune des parties de quatre ans d'emprisonnement.

Au terme de son procès, Éric Deslauriers a été reconnu coupable en septembre dernier d'homicide involontaire en ayant déchargé intentionnellement une arme à feu de façon insouciante. Il avait abattu de deux balles un jeune conducteur, David H. Lacour, dans le stationnement d'une polyvalente de Sainte-Adèle. L'adolescent avait refusé d'obéir aux ordres du policier qui lui ordonnait de lever les mains.

La juge Roy soulève plusieurs facteurs aggravants dans l'imposition de la peine. Ainsi, le policier connaissait bien le maniement des armes à feu et a fait feu à deux reprises en visant la tête et les épaules de la victime non armée. « L'action s'est déroulée dans une cour d'école, en pleine heure du midi, et à ce moment, plusieurs personnes se trouvaient à l'extérieur, près des tirs », indique-t-elle. De plus, la victime était interpellée pour un recel de véhicules.

Toutefois, ajoute-t-elle, le policier n'a aucun antécédent judiciaire et a un passé disciplinaire « sans tache » au sein des forces policières.

Pendant les observations sur la peine, Éric Deslauriers a livré un témoignage « fort succinct » et a réitéré ne pas avoir voulu « prendre de vie ce jour-là, mais sauver la sienne », malgré la décision du tribunal qui a rejeté sa défense de légitime défense. Il n'a exprimé « ni remords ni regrets » envers la victime, relève la juge.

Précisons que le policier a déjà fait appel du verdict et pourrait rapidement retrouver sa liberté en attendant d'être entendu par la Cour d'appel du Québec. « Selon le Tribunal, il demeure toutefois possible, selon les circonstances, d'exprimer des regrets quant aux conséquences de ses actes sur autrui, sans pour autant renoncer à une défense pleine et entière », souligne la juge Roy. Néanmoins, son absence de remords constitue un « facteur neutre » dans la détermination de la peine.

Selon l'avis d'appel du policier, la juge Roy a commis plusieurs erreurs de droit dans son jugement. Les avocats de M. Deslauriers soutiennent que la juge a fait totalement abstraction d'éléments de preuve qui étaient favorables à la défense, notamment des parties de témoignage de M. Deslauriers, ainsi que de ceux de témoins qui ont assisté à l'intervention.




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