Les taxes augmenteront en moyenne de 3,4 %, l’an prochain à Longueuil. La mairesse Catherine Fournier, qui respecte ainsi son engagement de limiter la hausse à l’inflation, dit toutefois composer avec un manque à gagner de 27 millions, en raison des « gels de taxes à répétition » de la précédente administration.

Publié le 24 déc. 2021
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

C’est mercredi soir, lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal, que le premier budget du règne de la jeune mairesse de 29 ans a été adopté. En hausse de 5,8 % par rapport à l’an dernier, pour un total de tout près de 488 millions, ce budget prévoit aussi une hausse de taxes de 3,4 % qui, rappelle le clan Fournier, se situe sous l’inflation.

Celle-ci se situait en effet autour de 4,7 % en octobre et en novembre dernier, selon les données publiques de Statistiques Canada.

Hausser les taxes était nécessaire, « notamment en raison du manque à gagner de 27 m$ pour la prochaine année, lequel est causé, en partie, par les gels de taxes à répétition des dernières administrations », a martelé le vice-président du comité exécutif et président des commissions des finances de Longueuil, Jonathan Tabarah, dans une déclaration.

Il soutient qu’un plan est toutefois en branle pour assurer « une diminution marquée du déficit prévu à combler sur les trois prochaines années, en passant de 27 m$ cette année à environ 9 m$ l’an prochain, pour finalement atteindre l’équilibre en 2025 grâce à différentes mesures budgétaires ».

« Notre objectif est de ne plus avoir à piger dans nos maigres réserves pour pallier la croissance des dépenses », illustre en ce sens M. Tabarah.

Catherine Fournier, elle, a rappelé que son équipe disposait de « peu de marge de manœuvre », tant « sur le plan du calendrier d’adoption que des ressources disponibles ». Elle affirme que ce budget a été adopté « sous le signe de la participation citoyenne et de la science ». Environ 250 000 $ seront en effet réservés à la création d’un Office participation citoyenne, que l’élue a promis de mettre sur pied pendant la campagne électorale cet automne.

Son administration étalera aussi pour la première fois depuis les fusions municipales le rôle triennal d’évaluation des immeubles 2022-2023-2024, qui doit entrer en vigueur au mois de janvier. L’objectif avoué de la mesure est « d’éviter des disparités trop importantes entre les arrondissements, les propriétés de Greenfield Park et de Saint-Hubert ayant connu une plus forte hausse de valeur moyenne que celles du Vieux-Longueuil en raison de la surchauffe du marché immobilier des premiers acheteurs ».

Un seul élu a voté contre le budget. Il s’agit en fait du seul conseiller n’étant pas représenté ou allié à la bannière de Coalition Longueuil : le chef de l’opposition et élu de Longueuil Ensemble, Jacques Lemire. Il a soutenu mercredi que rien n’avait été prévu concrètement dans le budget pour anticiper l’impact du variant Omicron et de la hausse des cas de COVID-19 sur les finances publiques.

À Montréal, le compte moyen de taxes foncières résidentielles augmentera de 2 % l’an prochain à Montréal et financera notamment une hausse importante du budget de la police. La métropole doublera aussi ses dépenses consacrées à l’itinérance et continuera d’investir dans le réseau de pistes cyclables ainsi que dans le transport collectif, a annoncé mercredi la mairesse Valérie Plante.