Dimitra Kostarides, la candidate de Denis Coderre qui s’est retrouvée au centre d’un scandale financier en 2003, fera l’objet d’une enquête disciplinaire.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

La Chambre de la sécurité financière (CSF) a confirmé mercredi à La Presse qu’elle se pencherait sur le dossier de l’ex-associée de KPLV, firme à qui plusieurs épargnants reprochaient de les avoir floués.

« La Chambre de la sécurité financière est préoccupée de la situation », a indiqué par courriel Daniel Richard, en charge des communications de la CSF. « En sus des vérifications en cours, la Chambre de la sécurité financière a demandé à son syndic de faire enquête sur les allégations concernant Mme Kostarides. »

La CSF encadre le travail de 32 000 conseillers financiers au Québec. Il ne s’agit pas d’un ordre professionnel, mais plutôt d’un organisme d’autoréglementation.

Samedi, La Presse a révélé le passé judiciaire de Mme Kostarides, qui tente de devenir conseillère municipale dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pour Ensemble Montréal.

La femme de 54 ans s’est fait saisir sa maison en 2006 pour rembourser des épargnants qui s’estimaient floués. Elle avait aussi fait l’objet d’autres poursuites civiles et l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’était mêlée du dossier, lui reprochant (ainsi qu’à un autre associé de KPLV) d’avoir investi les économies de clients aux îles Turks-et-Caicos. Mme Kostarides n’a toutefois jamais été accusée au criminel.

Dans les jours suivants, Denis Coderre avait continué d’appuyer sa candidate.

Mme Kostarides (qui écrivait son nom « Demetra Kostaredes » jusqu’à ce que le scandale financier éclate) a pu continuer de travailler dans le domaine financier. Elle travaille comme « Directrice Stratégies d’assurance » chez SFL Gestion de patrimoine, une firme partenaire de Desjardins. Mme Kostarides figure même dans la banque de conseillers financiers qui peuvent être appelés à siéger à un comité de discipline de la CSF.

« Nous avons aussi informé le président du Comité de discipline qui pourra prendre les mesures qui s’imposent en fonction du règlement du Comité de discipline de la Chambre », a justement indiqué Daniel Richard. « Nous ne ferons pas d’autres commentaires compte tenu du processus d’enquête en cours. »

Plus tôt mercredi, M. Richard avait précisé que Mme Kostarides n’avait pas entendu de cause disciplinaire depuis son inscription dans la banque de membres potentiels de comités de discipline.

Tard mercredi soir, Ensemble Montréal continuait à appuyer sa candidate.

« De notre côté, on en a discuté avec la candidate et on est satisfaits de sa version des faits », a indiqué Élizabeth Lemay, chargée des communications de la formation politique. « Maintenant, on va laisser l’enquête suivre son cours. On [ne doute pas] que l’enquête sortira en sa faveur. »