Le géant de la trottinette en libre-service Lime veut revenir au Québec en passant par des villes comme Longueuil et Gatineau après s’être de nouveau fait fermer la porte de Montréal pour 2021.

Publié le 12 févr. 2021
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’entreprise a été expulsée de la métropole après l’été 2019, pendant lequel elle avait récolté de vives critiques : ses petits bolides étaient abandonnés un peu partout sur les trottoirs du centre-ville.

La multinationale de la trottinette assure avoir trouvé une solution à ce problème, mais n’a pas réussi à convaincre l’administration Plante.

« Nous avons pris la décision de ne pas ramener le projet pilote entourant les trottinettes électriques en libre-service sans ancrage à l’été 2021 », a expliqué Laurence Houde-Roy, attachée de presse au cabinet de la mairesse.

« Cette décision a été prise afin d’assurer une bonne gestion de l’espace public, le modèle actuel posant des défis importants et nécessitant un encadrement constant de nos équipes », a-t-elle continué. « Avec la grande sollicitation de nos ressources, en particulier en contexte de pandémie, la Ville n’est pas en mesure d’aller de l’avant. »

Les grandes villes, « un bon marché »

Mais Lime n’a pas dit son dernier mot : elle a embauché une firme de relations gouvernementales pour faire pression sur le ministère des Transports – qu’elle voudrait convaincre de laisser une plus grande place aux trottinettes sur la voie publique – ainsi que sur les villes de Gatineau et de Longueuil.

En entrevue, son directeur du développement stratégique pour l’Amérique du Nord, Jonathan Hopkins, a confirmé que les plans d’expansion de l’entreprise ne se limitaient pas à la métropole.

« Nous serions heureux de fournir des trottinettes à n’importe quelle ville québécoise d’environ 200 000 habitants. Montréal est un bon marché pour nous, Longueuil est un bon marché pour nous, Gatineau est un bon marché pour nous », a-t-il dit. « Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelle ville qui croit à une réduction de l’utilisation de la voiture et à une réduction de la pollution. »

Selon lui, une innovation récente vient répondre à l’immense majorité des critiques auparavant adressées au service : Lime propose maintenant des trottinettes qui exigent d’être verrouillées au mobilier urbain pour qu’une période de location se termine. Les véhicules se retrouvent donc attachés aux lampadaires ou aux bornes de parcomètres plutôt qu’abandonnés sur le passage des piétons.

Pas de plan pour trottiner

Il y a loin de la coupe aux lèvres, toutefois. Gatineau et Longueuil ne se préparent pas à trottiner l’été prochain.

La Ville de Gatineau « ne ferme pas la porte à faire installer des trottinettes en libre-service sur son territoire, mais cette option ne se trouve pas actuellement dans [son] plan d’action », a indiqué Laurence Gillot, du cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin.

La Ville de Longueuil est sur la même longueur d’onde. « Longueuil a un intérêt pour la mobilité durable, autant la mobilité “ordinaire” que la micromobilité (vélos, trottinettes électriques) », a indiqué l’attachée de presse Alexandra Lapierre. « Toutefois, il n’est pas prévu de réaliser un projet pilote incluant des trottinettes en libre-service en 2021. »