La COVID-19 n’a pas apaisé les débats au conseil municipal de Longueuil où les tiraillements partisans se sont poursuivis mardi soir relativement à la rémunération de la mairesse Sylvie Parent.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

La proposition de cette dernière de réduire son propre salaire de base de 40 000 $ a été rejetée. Mme Parent, qui est minoritaire au conseil, n’a pas réussi à rallier les deux tiers des voix qui étaient nécessaires pour un tel changement réglementaire.

Les quatre conseillers municipaux composant l’opposition officielle et l’élu de la deuxième opposition (Option Longueuil) se sont prononcés contre la réduction salariale. Ils estiment que l’effort de la mairesse n’était pas suffisant et que c’était donc « indéfendable ». Mais le statu quo leur permet d’affirmer que « la mairesse continue de battre tous les records de rémunération au Québec ».

La mairesse Parent soutient d’ailleurs que pour « des raisons purement partisanes, ils ont préféré faire de la petite politique ». « Ces mêmes conseillers réclamaient pourtant une diminution depuis plusieurs mois », a-t-elle rappelé dans un communiqué de presse.

Sylvie Parent y souligne également que « les discussions n’ont pas su incarner un niveau de maturité suffisant pour trouver une voie de passage et nous permettre d’aboutir à une réflexion digne d’une grande ville du Québec ». La mairesse a reçu l’appui des conseillers municipaux de son équipe ainsi que ceux qui siègent comme indépendants (le président de l’assemblée s’est abstenu).

À la demande de l’administration Parent, une analyse avait été commandée à l’École nationale d’administration publique (ENAP) qui a proposé de revoir l’ensemble de la rémunération des membres du conseil municipal. Cette recommandation n’avait pas été retenue par l’opposition officielle. « Le temps venu, nous serons jugés sur nos actions, non pas sur nos paroles », a-t-elle ajouté.

Depuis près d’un an, la rémunération de Mme Parent fait couler beaucoup d’encre alors que la mairesse est l’élue municipale la mieux payée de tout le Québec, comme l’avait révélé La Presse. L’autonomie accordée aux municipalités en 2017 permet le cumul des rémunérations (salaire de base + salaire pour des responsabilités régionales et suprarégionales). Ainsi, Mme Parent touchera un total de quelque 250 000 $ en 2020.

Rappelons que le conseil municipal de Longueuil s’est déroulé mardi soir à huis clos et que tous les élus y ont participé par vidéoconférence. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle afin de s’adapter à l’actuelle crise sanitaire.