Les célèbres boules roses qui étaient suspendues comme un long ruban au-dessus de la rue Sainte-Catherine Est dans le Village gai de Montréal seront remplacées par des cônes devant rappeler la forme de nuages.

SARA CHAMPAGNE SARA CHAMPAGNE
La Presse

Après avoir annoncé la fin de l’installation « Les Boules roses », la Société de développement commercial (SDC) du Village s’était mise en quête d’une nouvelle création pour maintenir l’attrait du quartier. À la suite d’un concours international de design, c’est l’œuvre « La Tête dans les nuages » qui a été retenue, a-t-on appris mardi soir au conseil d’arrondissement de Ville-Marie.

L’œuvre consiste à relier par câble des sortes de cônes, appelés officiellement des pendentifs, pour former des « éclats, des gouttes ou des nuages » multicolores, selon la perspective des visiteurs.

L’objectif ultime est de l’installer de façon permanente à l’aide de l’ancienne infrastructure des boules roses, devenues ensuite multicolores ; un système de soutien qui avait fait ses preuves contre les intempéries.

De Saint-Hubert à Papineau

L’arrondissement de Ville-Marie a approuvé, mardi soir, la réalisation de tests de sécurité de l’œuvre avant son déploiement prévu au printemps. On se rappellera qu’en 2011, la Ville de Montréal avait craint qu’en cas d’incendie, les boules roses n’entravent le passage des pompiers. Un scénario qui s’était répété plus tard avec le projet d’installer des guirlandes lumineuses sur le boulevard Saint-Laurent.

Dans une résolution soumise aux élus, on explique donc que « La Tête dans les nuages » doit résister au vent, à la pluie, au poids de la neige, au verglas et au feu, avant d’être déployée entre la rue Saint-Hubert et l’avenue Papineau. Le Service incendie Montréal (SIM), le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les travaux publics procéderont à son inspection à partir d’un prototype qui sera installé dans un espace ouvert non fréquenté, précise-t-on.

Exceptionnellement, l’administration municipale accorde la somme de 75 000 $ pour réaliser les tests de performance et de sécurité de « La Tête dans les nuages ». Cet argent servira notamment à fabriquer la maquette pour les tests. Des recommandations seront soumises aux élus avant que le feu vert soit donné à l’installation permanente.

Concours

« La Tête dans les nuages » a été sélectionnée à l’issue d’un concours international de design piloté par la SDC du Village, avec du financement de la Ville de Montréal. Les firmes d’architecture gagnantes sont du Québec et de New York : Collectif Escargo (créateur de la place publique de la rue Masson, dans Rosemont) et WXY Studio (terminal militaire de Brooklyn).

À la SDC du Village, le porte-parole Stefan Campbell a indiqué qu’aucun commentaire officiel ne serait émis avant la fin des tests et l’inauguration officielle de la nouvelle œuvre, prévue au mois d’avril. Au début de l’automne, la SDC affirmait que le projet choisi devrait avoir une durée de vie utile d’au moins cinq ans.

L’ancienne œuvre de Claude Cormier, inaugurée en 2011, a connu sa dernière saison l’été dernier. Elle avait remporté plusieurs prix et mentions. Elle était devenue l’un des symboles de la métropole avec les années. M. Cormier n’a pas encore commenté publiquement le concept retenu par la SDC.

Le budget préliminaire à l’étude

Conception artistique : 220 000 $

Fabrication des éléments décoratifs de la canopée (« Tête dans les nuages »), avec assemblage des pendentifs sur les câbles : 810 250 $

Plan de construction : 158 750 $

Honoraires d’ingénierie en structure : 125 000 $

Développement de l’installation : 82 500 $

Source : arrondissement de Ville-Marie