L’administration municipale de Montréal a été pressée de questions sur le définancement de la police, mercredi soir, alors que les élus municipaux se penchaient sur le budget de son corps policier.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) voit son budget augmenter de 2 % pour 2021, une hausse d’autant plus importante que la plupart des autres services municipaux doivent se serrer la ceinture.

Depuis quelques mois, la mairesse Valérie Plante refuse pourtant de fermer la porte à l’idée de définancer la police, affirmant toutefois qu’une pandémie n’offrait pas le bon contexte pour agir.

Mercredi soir, lors de la comparution du chef Sylvain Caron et de son état-major devant un comité du conseil municipal, presque toutes les questions du public touchaient la possibilité de rediriger une partie du budget de la police vers le milieu communautaire.

C’est Benoit Dorais, le président du comité exécutif de Valérie Plante, qui a défendu la position de l’administration.

« On doit revoir comment on livre les services policiers en lien avec tout le travail social qui doit être fait, le travail psychosocial, etc. On veut travailler en amont », a dit M. Dorais. Ce n’est qu’après une telle réforme « qu’on pourra travailler avec le SPVM » pour ajuster leur budget, a-t-il continué. « On ne veut pas définancer pour définancer. D’ailleurs on n’a pas la même situation que nos voisins plus au sud. »

La veille, au conseil municipal, Valérie Plante avait tenu la même position, affirmant qu’elle ne voulait pas « jeter le bébé avec l’eau du bain » en matière de définancement de la police.

Cette idée a émergé au printemps dernier, aux États-Unis, après une série de décès d’Afro-Américains aux mains de la police.