Le promoteur des plus récents marathons de Montréal, dont celui de 2019 qui avait été assombri par la mort d’un jeune coureur, a officiellement rompu vendredi tout lien avec la gestion de la course, en laissant toutefois entendre que celle-ci n’était plus rentable financièrement.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Nous avons le regret de vous informer qu’après avoir évalué la viabilité future du Marathon international de Montréal, nous avons conclu que nous ne pouvons pas organiser l’événement en 2021 », écrit l’équipe des courses « Rock’n’Roll », une propriété de Ironman, le promoteur qui gérait l’événement depuis 2011 dans la métropole.

Or, la décision avait déjà été prise en bonne partie par les autorités municipales. En effet, la nouvelle tombe deux semaines après que l’administration Plante ait annoncé son intention, via un appel d’offres, de confier les rênes du marathon à une entité 100 % québécoise, et surtout « transparente ».

Un contexte aggravant

C’est que la plus récente édition du marathon, en 2019, avait suscité la controverse partout au Québec, et même dans le monde. Dès le départ, la course avait commencé avec un retard de près d’une heure en raison du manque de personnel. Seuls 60 agents étaient présents, alors qu’il devait initialement en avoir 200.

Puis, en pleine course, un jeune homme de 24 ans, Patrick Neely, est décédé. Le jeune homme souffrait d’une affection médicale qui le rendait plus à risque de souffrir d’arythmie cardiaque fatale, mais son état était modéré et stable et il n’avait pas de contre-indication à courir.

En juin dernier, dans un rapport officiel, la coroner Géhane Kamel avait d’ailleurs relevé plusieurs « anomalies » entourant son décès, dont des problèmes de répartition avec l’ambulance et un accès déficient à des défibrillateurs.

« C’est le promoteur qui a vraiment failli à sa tâche. Dorénavant, l’accompagnement de notre part va être beaucoup plus rigoureux », a promis le responsable des sports au comité exécutif de la Ville, Hadrien Parizeau, en entrevue avec La Presse à la mi-août. « On veut une entreprise d’ici qui est transparente, qui va redonner les lettres de noblesse au marathon », a-t-il ajouté.

Encore des billets à rembourser

Dans un courriel envoyé à tous les participants inscrits à l’édition 2020 du marathon, qui a été annulée par la Santé publique québécoise à la fin juillet, Rock’n’Roll dit offrir une « variété d’options » à ses clients.

Les usagers ont en réalité deux choix : soit ils obtiennent un « remboursement des frais d’inscription », qui pourrait prendre plusieurs semaines, soit ils choisissent de s’inscrire gratuitement à un autre marathon géré par le groupe.

L’entreprise offre ainsi aux participants montréalais d’aller plutôt courir dans plusieurs villes américaines l’an prochain, dont Washington, Nashville, San Diego, Seattle, Virginia Beach, San Jose, Savannah et San Antonio. La plupart de ces événements doivent se tenir à l’été ou l’automne 2021.

« Dans ce qui a été une période de constante évolution et difficile à l’échelle mondiale, nous reconnaissons que cela sera une déception. Nous remercions la Ville de Montréal, tous les athlètes, les bénévoles et les partenaires pour leur contribution à l’événement au fil des ans », ajoute l’organisme, qui dit avoir « envisagé toutes les options possibles » pour tenir une course en 2020, mais en vain.