Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, et toutes ses troupes sont invités par la mairesse Valérie Plante à faire une « réflexion » en regard de la délicate question du racisme et de la discrimination systémique.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Invitée par l’opposition officielle à commenter le « refus » de M. Caron de reconnaître le caractère systémique du racisme au sein de son organisation, la mairesse a dit s’attendre, lors de l’assemblée du conseil municipal, lundi à une réaction du SPVM au cours des prochains jours. Mme Plante faisait ainsi référence au rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) rendu public lundi matin et dans lequel le SPVM est critiqué.

« Il y a plusieurs facteurs, plusieurs éléments qui permettent de juger de la qualité d’un leader, d’un directeur ou d’une directrice. Dans ce cas-ci, je pense que le chef de police, mais aussi tout le corps policier, ont une réflexion à avoir sur le document qui nous vient de l’OCPM sur le racisme systémique. Je pense qu’ils vont cheminer dans les prochains jours. Nous allons attendre leur perspective et leur positionnement lorsqu’ils seront prêts à le faire », a affirmé la mairesse Plante.

Rappelons que la nomination de M. Caron à la tête du SPVM en 2018 a été le choix de l’administration Plante à la suite de la recommandation de l’administrateur temporaire qui était alors en poste au SPVM.

Recul préoccupant

Dans son rapport, l’OCPM a dit être « grandement préoccupée par le recul de la situation » puisque la haute direction du SPVM ne reconnaît pas le racisme systémique, contrairement au prédécesseur de M. Caron. Aucun changement ne peut être réalisé sans une reconnaissance préalable, peut-on lire.

La Presse a sollicité un entretien avec M. Caron. La demande a été déclinée.

L’OCPM présente plusieurs recommandations relativement au SPVM, sa structure, sa gouvernance, ses activités. Il est ainsi proposé que la reconnaissance du problème de profilage racial et social soit une condition pour occuper le poste de direction du SPVM, et que le système de promotion interne reflète cette préoccupation. On recommande également que tous les candidats qui « manifesteraient des préjugés raciaux » soient écartés.

De plus, l’OCPM recommande de miser dès maintenant sur une formation obligatoire pour tous les policiers afin que ceux-ci intègrent « des notions propres au profilage racial et social ainsi qu’à l’antiracisme ». Les formations devraient être développées avec des organismes communautaires impliqués dans la lutte au racisme.

À l’instar de ce qui s’est fait du côté du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) l’année dernière, l’OCPM souhaite que « soient organisées à l’intention des agentes et des agents des expériences d’immersion dans la communauté, en complément aux nouvelles formations ».