Des étudiants étrangers consternés par les récentes modifications apportées au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) du gouvernement Legault ont manifesté leur mécontentement vendredi matin devant les bureaux montréalais du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette,

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Ils étaient environ une cinquantaine à la Place de la Paix, au centre-ville de Montréal. Ils provenaient de Chine, de France, du Pérou ou encore de la Colombie. Presque tous avaient amené avec eux leur curriculum vitae. Ils ont été invités par Andrés Fontecilla, responsable en matière d’immigration pour Québec solidaire, à le déposer dans une valise. Un geste symbolique, pour démontrer au gouvernement en place que tous les domaines d’étude contribuent à l’épanouissement du Québec, selon M. Fontecilla.

« Le ministre Jolin-Barrette est incapable de voir cette réalité. Ce n’est pas comme ça qu’on s’occupe d’une politique d’immigration, il faut regarder l’ensemble de la situation », a critiqué M. Fontecilla devant la foule. « Toute la diversité québécoise et montréalaise est affectée », a dit Thibault Camana, un des organisateurs de la mobilisation de vendredi matin. Il a étudié au Québec et travaille maintenant en sciences de données depuis deux ans. « Mon champ d’expertise est rayé du PEQ. Pourtant, Montréal essaye d’attirer un maximum de gens dans ce domaine et beaucoup viennent de l’étranger. »

Plus tôt cette semaine, le gouvernement Legault a reculé sur son projet de loi en instaurant une clause de droit acquis. Les étudiants déjà installés au Québec ne seraient donc pas touchés par les changements apportés au PEQ.  

Plusieurs personnes s’en sont réjoui, mais attendent tout de même l’officialisation de cette décision.  

« J’étais surprise des changements apportés au PEQ le 1er novembre. On ne demande pas plus que de s’intégrer. La clause de droit acquis a été annoncée, mais n’est pas encore passée, alors rien n’est certain. Je reste tout de même positive, car nous sommes parvenus à établir un dialogue avec le gouvernement, en espérant un changement », a dit Hilary Tinoco, étudiante en graphisme venue du Pérou.

Pour beaucoup de gens présents au rassemblement, la nouvelle loi reste restrictive, même avec l’ajout d’un clause grand-père. Sandrine Desforges était présente par solidarité envers les futurs étudiants étrangers affectés par la nouvelle réforme caquiste. « Ça va avoir un impact direct sur nos universités et nos cégeps. Il faut faire marche arrière. C’est réducteur de penser que seule une liste restreinte et obsolète de programmes va contribuer à la main-d’œuvre. Les diplômés sont polyvalents », pense-t-elle.

En fin de journée, mercredi, l’Assemblée nationale a majoritairement voté en faveur d’une motion qui exige l’annulation des modifications récentes apportées au PEQ.