La Ville de Montréal tente de surveiller les comportements d'un coyote malade, souffrant apparemment de la gale sarcoptique, dont les allées et venues dans le secteur Ahuntsic ont déjà fait l'objet de signalements. Potentiellement transmissible aux humains, cette infection parasitaire rend les coyotes plus téméraires, affirment des spécialistes.

Mis à jour le 21 mars 2019
TRISTAN PÉLOQUIN LA PRESSE

L'animal sauvage, qui a la queue dégarnie et marche en boitant, a été photographié par un photojournaliste de La Presse le 26 février dernier sur le boulevard Christophe-Colomb, près de la rue Legendre. Ce secteur situé tout près du Boisé-de-Saint-Sulpice et du parc Frédéric-Back est un endroit de prédilection pour les coyotes.

Comme pour tous les autres coyotes, la Ville recommande de ne pas s'en approcher et de ne pas le nourrir. Un autre coyote souffrant de la même infection a été capturé et euthanasié l'année dernière.

« La gale sarcoptique pourrait être transmise à l'être humain. Les chiens qui auraient été en contact avec un coyote affecté constituent le principal mode de transmission aux humains. En gardant son chien en laisse lorsqu'il est à l'extérieur, le risque de transmission à l'humain est pratiquement nul », indique par courriel la porte-parole de Montréal, Gabrielle Fontaine-Giroux.

Selon le professeur de médecine vétérinaire à l'Université de Montréal Stéphan Lair, l'apparition de cette maladie chez les coyotes « suggère une densité élevée d'animaux, proche de sa limite ». Infectés par une mite, les animaux ont tendance à perdre leurs poils, « ce qui occasionne des pertes de chaleur et leur donne des difficultés à survivre. Ils deviennent alors plus affamés, donc plus désespérés et plus aventuriers », explique-t-il.

L'infection parasitaire leur cause aussi des infections bactériennes secondaires, « qui peuvent aller jusqu'à tuer l'animal », ajoute le Dr Jean Gauvin, président de l'Association des médecins vétérinaires du Québec.

« C'est un problème de bien-être animal plus que de santé publique, dit-il. L'humain n'est pas l'hôte optimal, donc la maladie a une progression autolimitante. »

« Ça peut théoriquement être transmis aux humains, mais c'est plutôt rare selon la littérature scientifique. Il faut qu'il y ait un contact direct. »

- Le Dr Jean Gauvin, médecin vétérinaire

En cas de transmission à l'humain, les personnes infectées s'en tirent « avec des petits boutons et des rougeurs sur le ventre », précise le Dr Lair. L'infection est très facilement traitable chez les chiens, précise-t-il.

« Je comprends les gens d'être nerveux, parce que c'est un problème réel, ajoute le Dr Gauvin. Il y a des endroits en Alberta où il y a plus de 30 % de la population de coyotes qui sont atteints de la gale. Mais à mon avis, avant qu'un enfant l'attrape, les poules auront des dents. N'empêche, c'est extrêmement important que les parents expliquent aux jeunes qu'il ne faut vraiment pas toucher à ces animaux-là », insiste-t-il.

1370 signalements

Depuis juillet 2017, la Ville de Montréal a recensé 1370 signalements de coyotes sur son territoire. La dernière capture remonte à mai 2018. Dans certains cas, les animaux sont relocalisés et dans d'autres, ils sont euthanasiés. Au moins un de ces animaux a été abattu par arme à feu par un policier du Service de police de la Ville de Montréal qui jugeait que la sécurité des citoyens était en danger.

La Ville invite les citoyens à lui signaler toute présence de coyote en composant le 438-872-COYO (2696) ou en remplissant un formulaire en ligne.

> Consultez le formulaire de la Ville de Montréal