Le projet d'investissement de 37 millions de Longueuil dans l'usine de biométhanisation de Varennes pour le traitement des matières organiques, exige l'implication de l'ensemble des élus et plus de transparence, croit l'opposition officielle à l'hôtel de ville.

Mis à jour le 31 janv. 2019
Kathleen Lévesque LA PRESSE

Le chef du parti Longueuil Citoyen, Xavier Léger, déplore ainsi que l'administration de la mairesse Sylvie Parent qui est minoritaire au conseil municipal, «garde dans l'ignorance» ses collègues. «Encore une fois, on veut nous mettre devant un fait accompli ! Ça fait des mois qu'on demande une présentation pour savoir où en est le projet et quelles sont les options sur la table. Où est la collaboration dont nous parle constamment la mairesse, elle qui cultive toujours la culture du secret ?», affirme M. Léger par voie de communiqué.

Ce dernier réagit ainsi aux révélations de La Presse. Le comité exécutif de l'agglomération de Longueuil a approuvé mercredi matin une entente d'une durée de 20 ans entre Longueuil et la Société d'économie mixte de l'est de la couronne sud (SEMECS), un organisme municipal qui gère l'usine de biométhanisation située à Varennes.

Plutôt que de construire son propre centre de traitement, Longueuil souhaite investir dans l'agrandissement de celui de Varennes pour un coût de 37 millions. De plus, l'agglomération s'engage à payer les frais d'exploitation en fonction des quantités de matières organiques acheminées à l'usine. L'entente débuterait en 2023.

L'opposition officielle de Longueuil précise ne pas être opposée à l'idée «mais pas avec un bandeau sur les yeux». Les élus souhaitent obtenir plus d'informations et surtout une présentation des enjeux et des perspectives du scénario privilégié. «On va en soumission pour acheter un camion de 37 000 $, mais pour un projet de 37 millions il n'y a aucune soumission et aucune présentation aux élus», souligne Xavier Léger.

Selon les informations de La Presse, si Longueuil avait choisi de construire et d'exploiter un équipement sur son territoire, il lui en coûterait quelque 256 $ pour chaque tonne de matières organiques traitée contre 150 $/tonne, en se tournant vers la SEMECS. L'usine de Varennes est en opération depuis le début de 2018 et dessert 27 municipalités de la région.

La décision politique de mercredi devrait être présentée lors de la prochaine séance du conseil de l'agglomération le 21 février prochain. L'agglomération regroupe cinq municipalités: Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville, Boucherville, Saint-Lambert et Brossard.