Un groupe d’une vingtaine de personnes s’est réuni devant l’hôtel de ville de Longueuil en début d’après-midi pour manifester contre l’abattage des cerfs du parc Michel-Chartrand. Les manifestants accusent la mairesse Catherine Fournier « d’avoir du sang sur les mains ».

Mis à jour le 28 janvier
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Selon les manifestants, si la mairesse de Longueuil va de l’avant avec l’abattage des cerfs, elle aura « du sang les mains », ainsi « que tous les membres du conseil municipal ». Le groupe a d’ailleurs plusieurs fois répété en chœur le même slogan : « Catherine Fournier a du sang sur les mains ».

Les manifestants ont reproché à la mairesse de ne pas être à l’écoute des citoyens. « Elle n’aura pas le dernier mot », a répété l’un d’eux au micro.

Rappelons que la Ville de Longueuil prévoit prochainement procéder à l’euthanasie d’une soixantaine de bêtes afin de réduire la population dans le parc Michel-Chartrand d’une superficie de 1,8 km⁠2. Catherine Fournier s’était engagée en campagne électorale à suivre les recommandations d’une table de concertation mise sur pied par l’administration de l’ancienne mairesse, Sylvie Parent.

Selon le rapport, le parc ne pourrait accueillir qu’entre 10 et 15 cerfs alors que sa population actuelle est estimée à plus de 70 bêtes.

Les opposants rétorquent que la Ville n’a pas bien fait ses devoirs et que plusieurs autres solutions existent. Ils demandent que les bêtes soient relocalisées, une solution écartée par la table de concertation, qui a notamment consulté des vétérinaires et des biologistes pour produire son rapport.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les manifestants ont reproché à la mairesse de ne pas être à l’écoute des citoyens. « Elle n’aura pas le dernier mot », a répété l’un d’eux au micro.

Selon le réseau TVA, l’avocate Anne-France Goldwater a récemment informé la ville qu’elle avait dorénavant le mandat de l’organisme Sauvetage Animal « d’entreprendre les démarches judiciaires nécessaires contre toute euthanasie ».

« Tel qu’indiqué à plusieurs reprises par la mairesse depuis la mi-janvier, nous ne commenterons pas toute possible judiciarisation du dossier, et puisque c’est visiblement le cas maintenant, nous maintenons la même position », a répondu à La Presse Louis-Philip Prévost, attaché de presse de la mairesse Fournier.

Une quarantaine de personnes avait indiqué sur Facebook leur intention de participer à la manifestation organisée par le groupe Montreal Animal Defenders. Une vingtaine de personnes étaient présentes en début d’après-midi. La manifestation s’est déroulée dans le calme en présence de plusieurs policiers.

Selon le biologiste Michel La Haye, qui a accompagné La Presse récemment dans une tournée du parc Michel-Chartrand, la population de cerfs « est soutenue artificiellement » par le public qui nourrit régulièrement les bêtes, une pratique pourtant interdite en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel.

La Ville de Longueuil a elle-même nourri les cerfs du parc jusqu’en 2017 même si un règlement municipal interdit aux citoyens d’en faire autant depuis 2008.

En raison de l’agrile du frêne et d’une surpopulation de cerfs de Virginie, l’équilibre écologique du parc est menacé. Plusieurs arbres ont déjà abattu et la ville prévoit en abattre 10 000 autres avant de procéder à une opération de replantage.