Le député péquiste Sylvain Gaudreault dénonce le choix du constructeur du REM de faire enfouir ses matières dangereuses en Ontario plutôt que de les faire traiter au Québec grâce à une technologie verte de pointe.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

« Je trouve ça inqualifiable », a lancé hier le député de Jonquière, qui fut ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire dans le gouvernement de Pauline Marois.

La Presse révélait lundi que le consortium NouvLR, chargé de la construction du Réseau express métropolitain (REM), a choisi de faire enfouir 600 tonnes de matières dangereuses en Ontario plutôt que de les faire décontaminer de façon écologique au Québec, afin d’économiser sur les frais de traitement.

Aucun site d’enfouissement québécois n’était autorisé à recevoir la pierre concassée hautement contaminée aux hydrocarbures qui avait été excavée sur le chantier cet été. Mais des sites de traitement québécois étaient toutefois capable de traiter la matière pour y neutraliser les contaminants, a confirmé le ministère de l’Environnement. L’entreprise RSI Environnement, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avait d’ailleurs proposé de le faire.

Vu le prix demandé, NouvLR a plutôt choisi d’envoyer les 600 tonnes à Sarnia, où il existe un site d’enfouissement capable d’accepter des matières dangereuses à prix très abordable. La multinationale américaine Clean Harbors, propriétaire du site d’enfouissement, n’a pas voulu révéler hier combien elle a facturé pour la manœuvre. La Caisse de dépôt, qui est à l’origine du REM, ainsi que le consortium NouvLR, ont aussi préféré garder l’information secrète pour le moment.

« Quelque chose d’hypocrite »

« On a des technologies vertes chez nous, on a de bons exemples à suivre. Et l’un des principaux bras financiers de l’État québécois ne les utilise même pas. C’est quand même l’argent des Québécois ! », s’insurge le député Gaudreault, porte-parole du Parti québécois en matière d’Environnement.

« Je serais curieux de voir combien ça coûtait de plus pour décontaminer. On va se retrouver avec des passifs environnementaux, qui pour les générations futures, vont coûter très cher. Il faut évaluer les avantages et les inconvénients de décontaminer tout de suite avec une technologie qui est présente chez nous », dit-il.

« Il y a quelque chose d’hypocrite là-dedans. C’est comme si, lorsque j’ai fait enlever le réservoir de mazout sur mon terrain après avoir acheté ma maison, j’étais aller porter le réservoir chez le voisin », illustre l’élu.