(Londres) Le mouvement écologiste Extinction Rebellion a remporté mercredi un procès à la Haute Cour britannique contre la police de Londres, qui lui avait interdit toute manifestation du 14 au 18 octobre en raison des perturbations engendrées par son «soulèvement d’automne».

Agence France-Presse

Les forces de l’ordre avaient prohibé tout rassemblement londonien de plus de deux personnes liées à la série d’actions choc lancée le 7 octobre par Extinction Rebellion et intitulée Autumn Uprising.

XR entendait, dans le cadre de cette mobilisation, perturber le fonctionnement de la capitale britannique et d’autres dans le reste du monde pour dénoncer l’inaction des gouvernements contre la crise climatique. À Londres, le groupe avait ciblé des services gouvernementaux et l’aéroport de London City, réussissant à faire boucler les secteurs du Parlement et de la Banque d’Angleterre.  

Mais deux magistrats ont jugé que l’interdiction de ces manifestations était «illégale», en vertu de l’article 14 de la loi sur l’ordre public, sur lequel s’appuyait la police.

«Ces rassemblements, distincts géographiquement et temporellement, ne peuvent pas être considérés comme une unique manifestation publique selon la loi, même s’ils sont placés sous l’égide d’une même entité», a expliqué le juge Dingemans, rappelant que l’article 14 ne permet pas d’interdire «des rassemblements distincts».  

«Extinction Rebellion est ravi de la décision de la Cour», a déclaré dans un communiqué un avocat membre de l’équipe juridique du mouvement écologiste, Tobias Garnett, «elle confirme que l’interdiction générale de nos rassemblements constituait une atteinte sans précédent et illégale au droit de manifester».

Cependant, les juges ont aussi estimé que d’autres articles de la loi sur l’ordre public pouvaient être utilisés pour «contrôler de futures manifestations délibérément conçues pour “amener les ressources policières au point de rupture”», un des objectifs affichés de XR.  

La police de Londres s’est dite «déçue» de ce jugement, estimant que sa décision était «raisonnable et modérée», face aux «graves perturbations» engendrées dans la capitale début octobre et à la fatigue de ses agents due à «l’énorme effort continu».  

Au total, 1828 personnes liées au mouvement de protestation londonien avaient été arrêtées en dix jours, a détaillé la police, et 165 personnes ont depuis été inculpées.