Une expédition américaine dans le golfe du Mexique a filmé une vidéo d'un calmar géant de trois mètres. C’est seulement la deuxième vidéo de cette espèce qui alimente les fantasmes depuis des siècles.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Il y a quelque chose d’instinctif dans le comportement de ces animaux qui frappe l’imagination de tout le monde », a déclaré par voie de communiqué Nathan Robinson, directeur de l’Institut du Cap Eleuthera dans les Bahamas, qui dirige l’expédition Ocean Explorer de l’Administration nationale océanographique et atmosphérique (NOAA) du gouvernement américain. « Nous en savons si peu sur ces animaux immenses qui vivent près de nous dans les profondeurs des océans, et que nous n’avons pu voir bouger sur caméra que deux fois. »

 
Le calmar géant, du genre Architeuthis, a été filmé à 759 de profondeur par le robot Medusa, un cube muni d’une caméra utilisé pour croquer en cachette la vie des profondeurs. La caméra de Medusa éclaire ses environs de lumière rouge, que la plupart des créatures des profondeurs ne peuvent voir, et comporte un leurre ressemblant à une méduse bioluminescente. La méduse bioluminescente s’illumine quand elle est en danger, ce qui paradoxalement attire ses prédateurs (mais avertit les autres méduses du danger).

Medusa avait fait la première vidéo de calmar géant, en 2012 au large du Japon, à 700 m de profondeur durant une croisière de recherche financée par la télé japonaise et le canal Discovery.

COURTOISIE DE JOURNEY INTO MIDNIGHT: LIGHT AND LIFE BELOW THE TWILIGHT ZONE

Le robot Medusa.

Cette nouvelle vidéo confirme que le calmar géant utilise ses yeux pour se diriger vers ses proies et chasse activement. Certains biologistes pensent plutôt que le calmar géant est un prédateur passif qui reconnaît ses proies par son odorat. La vidéo montre que les yeux du calmar géant suivent le leurre du regard, ce qui n’avait pas été observé en 2012.

Rectificatif
Dans une version antérieure de cet article, nous avons écrit qu'il s'agissait d'une «pieuvre géante». Il s'agit plutôt d'un «calmar géant».