Le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) fait marche arrière. Il permettra désormais aux enseignants de porter leur propre masque N95.

Mis à jour le 18 janvier
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Dans un courriel envoyé aux membres du personnel lundi soir, le centre de services a annoncé que « le port du masque N95 sera accepté [dès mardi] pour le personnel qui décidera de s’en procurer ».

Il invite également le personnel à visionner une capsule vidéo diffusée par le ministère de l’Éducation expliquant comment installer et ajuster adéquatement le masque N95.

Jusqu’à maintenant, le CSSDM obligeait ses employés à utiliser l’équipement de protection individuelle qui est fourni par le ministère de l’Éducation, soit des masques médicaux.

Mardi, la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal s’est réjouie de cette « petite victoire ». « On a réussi à convaincre le centre de services d’accepter les N95 ou les masques de qualité supérieure, mais il a fallu qu’on se batte pour ça aussi parce qu’on nous disait que la consigne qui vient d’en haut était de ne fournir que les masques de l’école », a déclaré Catherine Beauvais-St-Pierre.

Elle persiste toutefois à croire que l’employeur devrait lui-même fournir des masques N95 aux enseignants qui en veulent. « L’employeur a une responsabilité en regard à la santé et la sécurité de son personnel », dit-elle.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on a demandé mardi aux centres de services scolaires de laisser les enseignants porter un masque N95 s’ils le désirent. Le Ministère ne le recommande toujours pas en classe ordinaire (le masque N95 est fourni aux enseignants des classes et écoles spécialisées), mais si les enseignants veulent le porter, « qu’ils le portent », a dit Florent Tanlet, attaché de presse du ministre Roberge.

Ailleurs dans la province

Plusieurs centres de services scolaires dans la province permettent également de porter son propre masque N95.

C’est le cas du centre de services scolaire de la Capitale, où un enseignant qui le désire peut se procurer « des masques N95 conformes aux normes applicables en vigueur, le porter et le remplacer selon les normes du manufacturier et les bonnes pratiques en la matière », a indiqué la conseillère en communication Marie-Claude Lavoie.

Le centre de services scolaire des Draveurs, en Outaouais, le centre de services scolaire Marie-Victorin et le centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, sur la Rive-Sud de Montréal, la commission scolaire Lester-B.-Pearson, dans le Grand Montréal, ainsi que le centre de services scolaire des Laurentides permettent aussi aux enseignants de porter leur propre masque N95.

Par ailleurs, le collège Jean-Eudes, à Montréal, a décidé de fournir des masques N95 à son personnel qui désire s’en prévaloir. Comme les quantités sont limitées, le collège priorisera les membres du personnel présentant une vulnérabilité sur le plan de la santé.

Efficacité

Avec la rapide propagation du variant Omicron, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du secteur scolaire implorent le gouvernement d’offrir les masques N95 au personnel de l’éducation qui les réclame.

Québec réserve plutôt ce type de masque au personnel des écoles et des classes spécialisées.

Jeudi dernier, une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a conclu que le masque médical et le masque N95 sont tous deux efficaces pour prévenir la transmission de la COVID-19.

De son côté, l’Ontario a annoncé la semaine dernière qu’elle donnerait accès à plus de 10 millions de masques N95 sans test d’ajustement pour l’ensemble du personnel des secteurs de l’éducation et des services de garde d’enfants. Cette cargaison s’ajoute aux 4 millions de masques en tissu à trois épaisseurs récemment expédiés en vue de leur utilisation dans les écoles.

Avec Marie-Eve Morasse, La Presse