(Montréal) La grève illimitée des travailleuses des Centres de la petite enfance de la CSN en sera à sa deuxième journée, jeudi, alors que les deux principales organisations syndicales, l’une en grève, l’autre pas, seront de retour à la table de négociation avec Québec.

Mis à jour le 1er déc. 2021
Lia Lévesque La Presse Canadienne

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, a entamé mercredi matin son mandat de grève générale illimitée dans les CPE où elle est présente. Elle était aussi à la table de négociation mercredi et doit l’être encore jeudi.

La Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), affiliée à la CSQ, dispose d’un mandat de grève illimitée, mais a choisi de ne pas l’exercer avant la semaine prochaine au moins. Elle sera de retour à la table de négociation jeudi.

Quant au Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, il a annoncé mercredi que ses membres aussi venaient de se doter d’un mandat de grève illimitée. Lui non plus n’a pas encore arrêté de date pour son déclenchement. Il était assis à la table de négociation mercredi.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Sonia LeBel

Bataille sur les pourcentages demandés

Entre-temps, c’est la bataille de l’opinion publique qui se joue entre Québec et les organisations syndicales.

Les trois organisations ont insisté sur le fait qu’elles ne demandent pas les mêmes augmentations pour les employés de soutien des CPE que pour les éducatrices, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement Legault.

Mercredi, en point de presse, le premier ministre François Legault avait soutenu que « les syndicats nous demandent les mêmes augmentations pour les employés de soutien ».

La FSSS, la FIPEQ et le SQEES ont nié cette information.

La FSSS n’a pas voulu dévoiler ses demandes précises, mais la FIPEQ l’a fait. La FIPEQ a indiqué que ses demandes pour les employés de soutien variaient de 13,6 % à 14,8 % d’augmentation — donc loin du 23 % offert aux éducatrices, selon la ministre Sonia LeBel.

Pour ces employés de soutien, la présidente du Conseil du trésor dit offrir 9,3 %.

Mais, selon la FIPEQ, l’augmentation offerte aux employés de soutien des CPE varie plutôt de 6 % à 9,3 % selon le titre d’emploi.

Pour ce qui est des éducatrices, les parties ne sont plus si éloignées l’une de l’autre. La ministre LeBel affirme offrir 30 $ l’heure au 12e échelon, en ajoutant deux échelons à l’échelle, soit jusqu’à 23 % d’augmentation.

La ministre LeBel a admis que ces employés de soutien dans les CPE ne gagnent pas le même salaire que leurs pairs dans le secteur public. Elle a justifié l’écart par le fait que les tâches et l’environnement étaient différents.

La FIPEQ objecte que leurs pairs sont mieux payés dans le secteur public que dans les CPE dans une proportion de 20 à 35 %, selon le titre d’emploi.

Legault veut une entente négociée

Quant à ceux qui évoquent le dépôt d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève illimitée de la FSSS, voire pour décréter les conditions de travail, le premier ministre Legault a écarté l’idée, mercredi. « À ce moment-ci, on n’envisage pas de loi spéciale », a-t-il affirmé mercredi avant-midi.

Lorsqu’on lui a demandé plus tard s’il comptait imposer une échéance pour les négociations, par exemple avant les Fêtes, M. Legault a affirmé : « Moi ce que je souhaite, c’est qu’on négocie. »

« On peut même négocier durant le temps des Fêtes. Ce qui est important, c’est qu’on ait une entente négociée », a déclaré le premier ministre en fin de journée lors d’une visite dans un centre de vaccination de Lévis.