(Montréal) L’école secondaire Robert-Gravel, qui a annoncé à des élèves qui avaient été admis l’an prochain qu’ils devraient se trouver une autre école en raison de la situation pandémique, est l’exception qui confirme la règle, assure le centre de services scolaire de Montréal.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Mercredi, La Presse rapportait que des élèves sélectionnés en novembre dans cette école offrant un programme prisé d’art dramatique-études avaient appris qu’ils devraient finalement s’inscrire ailleurs.

La pandémie aurait forcé la direction à revoir à la baisse le nombre d’élèves qu’elle accueillera à la rentrée prochaine, si bien qu’une pige a été effectuée pour exclure des élèves, pourtant admis au terme d’un processus de sélection. Ils sont 16 élèves dans cette situation, dit le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM).

Les parents dont les enfants sont inscrits dans d’autres écoles secondaires du centre de services scolaire doivent-ils craindre que la même chose leur arrive ?

« La situation est unique à Robert-Gravel », dit Alain Perron, porte-parole du CSSDM. Le comité qui représente les parents d’élèves de ce centre de services dit lui aussi espérer qu’il s’agit d’un cas isolé. « Nous n’avons pas été informés d’autres situations semblables, pour l’instant », indique son président, Marc-Étienne Deslauriers.

Au centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, dans l’est de Montréal, on indique qu’il n’est pas prévu de reconfigurer certaines écoles pour accueillir moins d’élèves à la rentrée 2021 en raison des nouvelles normes sanitaires.

S’il arrive que des élèves soient déplacés ou que des groupes soient fermés, c’est généralement en raison de travaux de rénovation dans les écoles, dit la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) Kathleen Legault.

De telles décisions, explique-t-elle, relèvent des centres de services scolaires. « Habituellement, ce ne sont pas des décisions locales. La population scolaire, c’est large, ça relève de l’organisation scolaire, qui a une vision plus globale des enjeux », poursuit Mme Legault.

Sans commenter le cas particulier de l’école du Plateau Mont-Royal, elle croit que les parents d’élèves montréalais ne devraient pas s’inquiéter. « D’habitude, quand les élèves sont admis dans une école, il n’y a pas de retour en arrière. Ce qu’on a vu dans les journaux, ce n’est pas habituel », dit Kathleen Legault.

Des échos à Québec

Le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge dit qu’il « comprend la frustration des parents » dont les enfants ont été exclus de l’école Robert-Gravel, mais affirme que c’est le centre de services scolaire qui est responsable de ce dossier.

Le problème, c’est que les directives du gouvernement manquent de clarté depuis le début de la pandémie, estime de son côté la députée du Parti libéral Marwah Rizqy.

« Les établissements scolaires doivent composer avec des directives tardives, voire absentes. Ce sont malheureusement les parents, mais surtout les élèves, qui en font les frais ! », dit Marwah Rizqy. La députée solidaire Ruba Ghazal demande quant à elle que cette décision soit revue, mais aussi « expliquée aux parents et aux enfants qui en vivent aujourd’hui les conséquences ».

– Avec Hugo Pilon-Larose, La Presse