Des parents dont les enfants avaient été admis à l’école secondaire Robert-Gravel l’an prochain ont eu la surprise d’apprendre cette semaine qu’ils devaient finalement se trouver une autre école. La raison évoquée : la pandémie.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Située dans le Plateau Mont-Royal, l’école Robert-Gravel offre un programme fort convoité d’art dramatique-études qui admet les élèves sur la base d’une audition. En novembre, plusieurs parents ont reçu une lettre les informant que leurs enfants avaient été sélectionnés. « Félicitations ! ! Une grande aventure commence… », lisait-on dans le courriel.

Jean-François Ouellet fait partie de ceux qui ont reçu cette lettre. Son fils se faisait une joie de pouvoir fréquenter cette école publique, si bien que les autres écoles secondaires où il a été admis ont été avisées qu’il n’y serait pas.

L’« aventure » à Robert-Gravel aura toutefois été de courte durée. Comme d’autres parents, M. Ouellet a reçu cette semaine une lettre l’avisant qu’en raison de la « situation sanitaire exceptionnelle », le nombre d’élèves admis à l’école pour août 2021 était revu à la baisse. Une pige avait écarté son fils.

« Il vous faut donc vous diriger vers votre école de quartier pour y faire son inscription. Nous prendrons soin de placer son nom sur la liste d’attente et si des places se libèrent d’ici la rentrée, nous vous contacterons », lit-on dans le courriel envoyé lundi par le directeur de l’école, Mathieu Lachance.

Pas « une rentrée régulière », dit l’école

Jean-François Ouellet ne s’explique pas cette volte-face, un an après le début de la pandémie. « Qu’est-ce qu’ils savent maintenant de la situation sanitaire qu’ils ne savaient pas au mois de novembre ? », demande-t-il.

Au centre de services scolaire de Montréal, on explique que l’école Robert-Gravel n’accueille que 450 élèves et qu’il s’agit d’une petite école secondaire.

« Avec la réalité des bulles-classes, il est difficile d’accueillir les 18 classes habituelles. Dans ce contexte, la direction de l’école s’est adressée aux parents, puisque nul ne peut prétendre à une rentrée régulière alors que la pandémie sévit toujours », écrit son porte-parole, Alain Perron.

Sur les réseaux sociaux, des parents se désolent. « Cette procédure manque selon nous d’éthique, d’humanité, de professionnalisme », écrit une mère dont la fille a elle aussi été victime du hasard. « Je ne suis même pas capable de le dire à mon fils tellement il sera déçu », réagit une autre.

« On pellette le problème chez les parents »

Mardi soir, le directeur de l’école a réécrit aux parents pour expliquer que la situation pouvait encore « évoluer favorablement », par exemple si des enfants se désistent. « Cela peut arriver en tout temps, même à quelques jours de la rentrée scolaire », écrit Mathieu Lachance.

« Nous savons qu’il n’est pas facile pour vous et votre enfant de vous retrouver devant cette situation et que cela dérange grandement vos plans, et c’est pourquoi nous ferons tout ce qui est possible pour vous soutenir », écrit aussi le directeur. Il offre aux parents de les aider dans le choix d’une autre école.

Une lettre qui n’a pas satisfait Jean-François Ouellet. « Si tu changes les règles, tu prends sur toi de remédier à la situation. On pellette le problème chez les parents. C’est presque une rupture de contrat », dit M. Ouellet.

Notre question auprès du centre de services scolaire de Montréal pour savoir si d’autres écoles secondaires devraient prendre des décisions semblables d’ici la prochaine rentrée scolaire est restée sans réponse, mardi.