Le gouvernement du Québec épongera le manque à gagner des centres de services scolaires découlant de la pandémie. Au total, ce sont 33 des 72 anciennes commissions scolaires qui ont présenté des déficits totalisant 45,4 millions en 2019-2020.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

C’est ce que le ministère de l’Éducation a confirmé à La Presse.

Au 30 juin, le centre de services scolaire de Montréal (l’ancienne CSDM, aujourd’hui le CSSDM), le plus gros au Québec, a par exemple fini son exercice avec un déficit de 15,1 millions.

Les manques à gagner pour les centres de service scolaire pour l’exercice 2019-2020 ont surtout trait à des pertes de revenus en formation professionnelle et en services de garde, les écoles ayant été fermées.

Par contre, la fermeture des écoles a aussi amené de grosses économies, notamment du côté du transport scolaire.

Lors de la séance de son conseil d’administration, mercredi, le centre de services scolaire de Montréal a indiqué avoir déjà reçu de Québec une compensation de 5 millions sur 19 millions en revenus perdus dans les services de garde.

Pour la formation professionnelle, les pourparlers avec Québec se poursuivent, a indiqué Lucie Painchaud, directrice générale adjointe au CSSDM.

Pour avoir droit à une aide ponctuelle, les organisations scolaires devront « identifier distinctement les impacts liés à la pandémie. […] Les organismes scolaires devront déposer au Ministère, d’ici le 1er février 2021, des prévisions budgétaires révisées », indique Bryan St-Louis, responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation.

La grande question sera de savoir si les déficits liés à la COVID-19 seront totalement comblés par le gouvernement Legault ou si les organisations scolaires devront en partie les absorber, se mettre au régime minceur et, partant, rogner dans les services aux élèves.

Le CSSDM visé par une enquête

Québec a par ailleurs confirmé avoir lancé une enquête « sur l’administration, l’organisation et le fonctionnement du centre de services scolaire de Montréal », « sur la base d’éléments préoccupants portés à notre attention ».

Au ministère de l’Éducation, on a précisé que l’enquête était liée à un enjeu de gouvernance au conseil d’administration et qu’elle n’était pas liée au personnel qui gère au quotidien le budget de 1,2 milliard.

À l’ordre du jour de la séance du Conseil d’administration du CSSDM de mercredi soir, un point concernait « la question de savoir s’il y a eu contravention au Code d’éthique et de déontologie et s’il y a lieu d’imposer une sanction ».

Le point a été reporté.

Quant à l’autre gros morceau à l’ordre du jour — les résultats financiers —, il a été évacué en quelques minutes et aucun document explicatif n’a été soumis en appui à ce qui a été rapidement expliqué.