(Québec) Le gouvernement Legault imposera le bâillon pour adopter dès vendredi son projet de loi abolissant les élections scolaires et transformant les commissions scolaires en centres de services aux écoles.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le secrétaire général de l’Assemblée nationale a informé les députés mercredi soir qu’à la demande du premier ministre François Legault, l’Assemblée nationale siégera en séances extraordinaires vendredi à compter de 8 h pour tirer un trait sur ce dossier.

Il s’agit du quatrième bâillon utilisé par le gouvernement Legault pour accélérer l’adoption d’un projet de loi en limitant le temps de parole aux députés – les autres concernaient la réforme de l’immigration, la laïcité de l’État et les tarifs d’Hydro-Québec.

Le projet de loi du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est présentement étudié en commission parlementaire.  Depuis la semaine dernière, il accusait l’opposition de faire de l’obstruction et laissait planer la menace d’un bâillon.

Les partis d’opposition lui reprochent de présenter un volumineux projet de loi « fourre-tout » et d’être lui-même responsable de la longueur des travaux en raison d’un manque de préparation.  

« Je propose une solution hyper simple. On peut scinder le projet de loi en deux. On met tous les articles qui concernent l’abolition des élections scolaires et on laisse toutes les autres réformes que M.  Roberge essaie de passer en douce dans son projet de loi fourre-tout de côté et on y reviendra », a proposé la critique libérale en éducation, Marwah Rizqy, avant l’annonce officielle du bâillon.

« Si ça se confirme qu’il y a un bâillon cette semaine, c’est la démonstration que le ministre manque de leadership. […] Je n’ai pas du tout le sentiment de faire de l’obstruction. Si lui trouve qu’on en fait, c’est probablement qu’il n’apprécie pas tellement le processus démocratique », a dénoncé Christine Labrie de Québec solidaire.

« Cette manière de gouverner devient profondément inquiétante. […] Je comprends que lorsqu’on est au gouvernement, on veut agir et être efficace, mais bulldozer et mettre de côté le débat sur des enjeux fondamentaux, c’est autre chose », a ensuite déploré la péquiste Véronique Hivon.

À la reprise des travaux parlementaires, mardi, le ministre de l’Éducation a déposé un document de 167 pages d’amendements, ont également rappelé les députées de l’opposition, réclamant du temps pour en débattre.

Plus tôt mercredi, la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) et l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) ont affirmé par voie de communiqué que « tant que le projet de loi n’est pas adopté, le personnel de direction ne peut pas travailler efficacement. »

« En vue de la rentrée scolaire 2020-2021, les directions et directions adjointes ont besoin de connaître les encadrements qu’elles devront prendre en compte pour préparer leur organisation scolaire. Elles ont aussi besoin de connaître les règles à suivre concernant les demandes de choix d’école, les budgets [et] les services à mettre en place pour les élèves », est-il écrit.