(Montréal) Les élèves du primaire ne feront pas l’école à distance pendant le congé des Fêtes prolongé parce que l’équipement informatique n’est pas encore suffisant pour que tous y aient accès, dit le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. « C’est long à s’organiser », déplore la Fédération des comités de parents du Québec.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Les écoles primaires et secondaires seront fermées à compter de jeudi et jusqu’au 11 janvier pour tenter de freiner la progression des cas de COVID-19. Les élèves du secondaire feront l’école en ligne, mais pour les élèves du préscolaire et du primaire, les enseignants devront garder avec leurs élèves « un lien pédagogique, un contact direct et quotidien ».

Le ministre Roberge a expliqué mardi à La Presse la raison pour laquelle il n’ouvre pas les vannes de l’école à distance. « On n’a pas, au moment où on se parle, encore suffisamment d’équipement pour s’assurer que tous les élèves du primaire ont un outil informatique », a-t-il dit.

Le président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) aurait aimé que l’école à distance se fasse aussi pour les élèves du primaire.

Ça fait quand même depuis mars, donc près d’un an… j’imaginais que les écoles seraient prêtes à donner l’école à distance. C’est long à s’organiser.

Kévin Roy, président de la FCPQ

Les parents revivront-ils le scénario du printemps dernier ? Non, assure le ministre de l’Éducation. « Les enseignants n’avaient pas accès au service de garde d’urgence, ils ne pouvaient offrir leur pleine prestation de travail, et ce n’était pas formel que chaque élève devait avoir un plan de travail et être contacté tous les jours », explique Jean-François Roberge.

Pourtant, la FCPQ voit déjà certains enjeux ressurgir. « Ce ne sont pas tous les parents qui vont avoir la disponibilité pour soutenir leurs jeunes. Au primaire, il y aura un contact quotidien qui doit être fait. C’est peu. Il y en a, ce sera seulement des appels, d’autres, ce sera l’enseignement à distance. Ça va encore creuser les iniquités », croit Kévin Roy.

Les enseignants et directions devront préparer la suite des choses avec empressement puisque dans certaines écoles, la dernière journée de classe « en vrai » est ce mercredi. « Il faut se retourner de bord pour donner des travaux, donner des choses à faire pour la semaine après les Fêtes », dit Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

Pas au-delà du 11 janvier, dit Legault

En point de presse mardi, le premier ministre François Legault a fait observer que, dans la seule journée de lundi, 181 classes ont été fermées dans la province, ce qui a porté le total à 1503 classes fermées en raison de la COVID-19.

Certains craignent que la fermeture des écoles se prolonge comme au printemps, mais le risque est « faible », a estimé M. Legault.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le premier ministre du Québec, François Legault

Les enfants qui écoutent : vous allez être à l’école le 11 janvier.

François Legault

N’empêche que cette fermeture prolongée, « ça fait un peu peur », dit le président de la FCPQ. « J’espère qu’on va pouvoir rouvrir le 11, parce que la motivation des élèves du secondaire en mange un coup. J’ai peur du décrochage, j’ai peur qu’on perde des jeunes, qu’on les désintéresse de l’école, surtout qu’il n’y a plus d’activités parascolaires », confie Kévin Roy.

Le président de la FQDE s’inquiète lui aussi de cette pause des Fêtes étirée.

« Au-delà de l’apprentissage [scolaire], je pense qu’il faudra beaucoup se soucier du bien-être de nos élèves. La situation ne sera pas rose pour toutes les familles, surtout dans le contexte où les gens sont plus fatigués, tout le monde a la mèche un peu plus courte », dit Nicolas Prévost.

Comme au printemps dernier ? avance-t-on. « Ça va au-delà du printemps, poursuit M. Prévost. Je suis certain que les conséquences pour les élèves seraient très sérieuses s’il fallait prolonger la fermeture des écoles après le 11 janvier. »

Les écoles spécialisées ouvertes

Les écoles spécialisées qui accueillent les élèves vulnérables ne sont pas visées par les mesures annoncées mardi et pourront recevoir leurs élèves en fonction du calendrier scolaire habituel. Un non-sens, dit l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal. « Comment expliquer que les mesures annoncées semblent faire fi, une fois de plus, de la santé et de la sécurité des profs des écoles spécialisées ? Le retour des Fêtes doit se faire de manière sécuritaire pour toutes les enseignantes et tous les enseignants », dit sa présidente, Catherine Beauvais-St-Pierre.