(Victoria) Andrew Loog Oldham n’avait que 19 ans lorsqu’il a rejoint l’avant-garde de l’histoire du rock and roll connue sous le nom «d’invasion britannique», devenant le premier gérant et producteur des Rolling Stones en 1963 et cofondateur d’Immediate Records, une maison de disques influente avec une liste de supervedettes comme Rod Stewart, Eric Clapton et Fleetwood Mac.

Dirk Meissner
La Presse canadienne

Maintenant âgé de 75 ans, le membre du Temple de la renommée du rock and roll entend partager son expérience de l’industrie musicale et ses «histoires de guerre» à l’université Thompson Rivers de Kamloops, en Colombie-Britannique, où il donnera un cours pendant 13 semaines.

Rock Dreams : A History, 1954-1984 Up Close and Personal with Andrew Loog Oldham est offert à partir de janvier à la faculté des arts. Il est présenté comme un «cours de leçons de vie utilisant la musique comme média».

«C’est une de mes ambitions, a expliqué M. Oldham lors d’un entretien téléphonique depuis Bogota, en Colombie, où il vit. Je serai en mesure d’offrir ce qui a formé nos vies. Ce qui nous a rendus ambitieux en musique ou en art ou quoi que ce soit.»

PC

Andrew Loog Oldham

Il a indiqué qu’il présenterait son point de vue d’initié sur le Royaume-Uni d’après la Seconde Guerre mondiale, l’invasion britannique des années 1960 et la contre-culture, le punk des années 1970, la nouvelle vague et la génération vidéo des années 1980.

«La base de ce que nous faisions est que nous avons évité d’avoir un emploi régulier et de ne pas avoir de perspective d’avenir, ce qui nous avait été promis après avoir supposément remporté la Seconde Guerre mondiale, a déclaré M. Oldham. La musique était presque comme un prix de consolation.»

M. Oldham, qui a brièvement travaillé comme agent des Beatles avant de convaincre les Rolling Stones de devenir leur gérant et producteur, a rappelé qu’au départ les Stones jouaient principalement des reprises de rhythm and blues (R&B) américain. Il les a alors exhortés à élargir leurs frontières créatives et à écrire leurs propres pièces.

Peu de temps après, les chansons composées par Mick Jagger et Keith Richards sont devenues d’énormes succès dans les années 1960, souligne M. Oldham, citant 19th Nervous BreakdownSatisfactionGet Off of My Cloud et Paint It, Black.

«Je savais que ma vie avait changé pour toujours le jour où je suis entré dans un supermarché, à la fin des années 1970 je pense, et que j’ai entendu Paint It, Black. Ce fut une expérience profonde.»

M. Oldham, qui a maintenant peu de contacts avec les membres du groupe, a prévenu que beaucoup de désinformation circulait au sujet des Stones.

«Après un certain âge, surtout en public, nous devenons tous des caricatures de nous-mêmes, a-t-il déclaré. Je doute que Keith (Richards) se comporte comme ça à la maison.»

AFP

Keith Richards

Au moins 174 étudiants, âgés de 15 à 68 ans, sont inscrits au cours qui sera donné le jeudi soir.

M. Oldham a expliqué que sa connexion avec Kamloops, à environ 350 kilomètres au nord-est de Vancouver, venait de son gérant Gary Procknow, qui a grandi dans cette ville.

M. Oldham affirme qu’il a souvent rêvé d’être laissé sur le bord de la route dans une petite ville et d’avoir à s’y débrouiller seul.

«C’est plus ou moins ce qui va m’arriver.»