La conférence controversée prévue pour lundi à l’Université de Montréal n’aura finalement pas lieu, a annoncé l’institution d’enseignement jeudi. La conférencière, Vanessa Beeley, défend le président Bachar al-Assad dans le conflit qui déchire la Syrie depuis près de 9 ans. Elle adhère également à des thèses de complot, et prétend entre autres que les attentats qui ont eu lieu à Paris en 2015 ont été faussement attribués à des terroristes islamistes.

Agnes Gruda Agnes Gruda
La Presse

L’historien Samir Saul, qui avait organisé cette conférence, a perdu l’accès à la salle où celle-ci devait avoir lieu, dans la foulée de la polémique causée par la tenue de l’événement.

« N’ayant pas l’assurance que cette conférence se déroulerait de façon sereine et sachant que la salle qui avait été réservée […] pouvait contenir seulement une vingtaine de personnes, l’unité qui avait prêté la salle a alors retiré son autorisation », écrit la porte-parole de l’UdeM, Geneviève O’Meara.

La location de la salle avait été autorisée par les départements des relations industrielles et de travail social, qui logent à proximité.

Le professeur Samir Saul a confirmé l’annulation de l’événement par courriel en affirmant que « l’événement n’aurait pas lieu, car la salle n’est pas disponible ». Il n’a pas voulu répondre à d’autres questions, prétextant qu’il devait se rendre à son cours.

La visite prévue de Vanessa Beeley, une Britannique qui écrit notamment pour des médias de propagande russe, comme Russia Today, avait plongé l’Université de Montréal dans l’embarras. Samir Saul avait placé l’événement sous l’égide du Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM) et du Groupement interuniversitaire pour l’histoire des relations internationales contemporaines (GIHRIC).

Les deux centres de recherches ont tour à tour nié avoir donné leur assentiment et ont demandé au professeur de les dissocier de la rencontre avec Mme Beeley. Le département d’histoire a lui aussi pris ses distances. « Il était hors de question que le département d’histoire cautionne l’événement », a écrit son directeur Jacques Perreault, jeudi matin.