(Québec) L’Université Laval a décidé de rompre le partenariat qui l’unissait à Reynald Du Berger, un ancien professeur de géologie climatosceptique, pour des propos qu’il a tenus sur l’islam.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

La Fondation de l’université a décidé d’abolir la toute nouvelle bourse d’études en géologie et génie géologique qui portait le nom de cet ancien professeur de géophysique à l’Université du Québec à Chicoutimi.

«Après avoir été informés de vos prises de position publiques, qui vont à l’encontre de valeurs prônées par l’Université Laval et sa fondation, nous sommes contraints de mettre fin à notre partenariat en ce qui a trait à l’offre de la bourse d’études», écrit la PDG par intérim de la Fondation de l’Université Laval, France Croteau.

L’institution a donc renvoyé au principal intéressé le chèque de 1000 $ qu’il lui avait fait pour financer la bourse à son nom. C’était la première année d’existence de cette bourse.

Dans la lettre, Mme Croteau n’explique pas précisément les positions qui sont reprochées à M. Du Berger. Celui-ci est une figure majeure du mouvement climatosceptique québécois. Il estime que l’effet humain sur les changements climatiques est minime.

Propos sur l’islam

Mais ce sont plutôt des propos contre les musulmans qui ont mis le feu aux poudres, selon nos informations. À la radio, il déclarait en octobre 2017 : «Il n’y a qu’un seul islam. Il n’y a pas d’islam radical, il n’y a pas d’islam modéré, il y a un seul islam qui ordonne […] à tous les musulmans d’exterminer, par égorgement de préférence, tous ceux qui ne veulent pas adhérer à la doctrine de l’islam.»

Sur son blogue, au printemps dernier, il suggérait également à ses lecteurs d’inviter des musulmans à un BBQ et à leur offrir des merguez au porc à leur insu. Les musulmans pratiquants ne mangent pas de porc. Ce serait, écrivait-il, «un premier pas vers l’assimilation à la culture québécoise».

Dans un courriel, une porte-parole de l’Université Laval a expliqué qu’aucun étudiant ne serait lésé par l’abandon de cette bourse, et qu’une bourse de la même valeur sera créée par la Faculté de science et génies.

«Après vérification et analyse, l’Université Laval a conclu que les propos publics du donateur allaient à l’encontre de ses valeurs de respect et d’inclusion», a expliqué la porte-parole, Andrée-Anne Stewart.

Joint par La Presse, M. Du Berger a dit ignorer les raisons précises qui ont mené la Fondation de l’Université Laval à prendre ses distances.

«Ce que je veux leur demander, c’est quelles sont les prises de position qui iraient à l’encontre des valeurs de l’université?», demande M. Du Berger.

«L’université, c’est le terrain fertile pour que les idées soient débattues. L’attitude de la Fondation je la trouve révoltante», dit-il.

M. Du Berger veut maintenant communiquer avec la Fondation pour en savoir davantage sur leurs raisons. «Je veux aussi parler à l’Association étudiante en génie géologique, voir s’ils seraient intéressés à poursuivre la bourse d’une autre façon.»