(Ottawa) Après des semaines de négociations, les gouvernements du Canada et de l’Ontario en sont venus à une entente pour financer la première université de langue française en Ontario.

La Presse canadienne

Ce dénouement fort attendu par la communauté franco-ontarienne survient le jour du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles.

Le fédéral a accepté de financer l’Université de l’Ontario français (UOF) à la hauteur de 50 % et d’assumer les frais des quatre premières années. L’Ontario, de son côté, paiera pour les quatre années suivantes.

En entrevue avec La Presse canadienne, la ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, s’est dite « émue » et « fière d’être francophone ». À son avis, il s’agit d’une journée « historique » pour les Franco-Ontariens.

Rappelons que la communauté s’était mobilisée à l’hiver dernier pour assurer la survie du projet après que le gouvernement Ford eut annoncé la fin du financement de l’UOF dans la foulée de compressions budgétaires.

L’entente conclue samedi permettra au projet d’université d’aller de l’avant, quel que soit le gouvernement élu au fédéral le 21 octobre prochain.

L’entente prévoit qu’un groupe de travail conjoint sera mis sur pied pour convenir notamment des dépenses admissibles, des échéanciers et des activités de l’Université de l’Ontario français.

Dans un communiqué de presse publié samedi soir, Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones de l’Ontario, et Ross Romano, ministre de la Formation et des Collèges et Universités, ont déclaré qu’ils voulaient faire en sorte que la communauté francophone puisse compter sur un système d’éducation postsecondaire moderne et de grande qualité.

« Il s’agit d’un important premier pas. Notre gouvernement reconnaît la contribution exceptionnelle de la communauté francophone au développement social, culturel et économique de la province. Nous reconnaissons également l’importance d’une université gouvernée par — et pour — des francophones en Ontario », peut-on lire dans la déclaration commune des ministres ontariens.

La communauté franco-ontarienne se réjouit également de l’entente.

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a indiqué dans un communiqué que cette entente constitue « un triomphe de plus dans les annales franco-ontariennes ».

« Cette possibilité que nous n’avons pas eue, nos enfants et petits-enfants l’auront. Ils auront le choix de poursuivre leurs études universitaires en français comme ils l’ont actuellement jusqu’au niveau collégial. Quelle belle victoire ! Nous sommes, nous serons ! » a écrit le président de l’AFO.

Karelle Sikapi, de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), a déclaré que « la jeunesse est ravie de l’entente conclue entre le gouvernement fédéral et provincial ».

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) a pour sa part écrit que « ce jour passera à l’Histoire », précisant que « cela fait plus de 40 ans que nos communautés militent activement pour avoir accès à une institution universitaire par et pour les francophones ».