Les vacances tirent à leur fin, mais bien des élèves cohabiteront avec des travailleurs de la construction. Dans la plus grande commission scolaire de la province, des travaux sont en cours dans 150 établissements. En Montérégie, des élèves voient même leur rentrée repoussée en raison de travaux qui s’étirent.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Les enfants des écoles Saint-René, à Mercier, et Gérin-Lajoie, à Châteauguay, devront patienter avant de faire la rencontre de leurs enseignants. Des délais dans l’agrandissement de ces deux écoles primaires de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS), en Montérégie, repoussent la rentrée de quelques jours. Elle aura lieu mardi prochain, plutôt que jeudi comme il était prévu.

Ces vacances prolongées font sans doute le bonheur des enfants, mais c’est un casse-tête pour plusieurs parents.

« On aurait aimé le savoir d’avance. On le sait qu’il y a des imprévus dans la construction. Là, on nous dit “débrouillez-vous” », dit Magalie Baudin, qui a un garçon qui sera en 2e année à l’école Saint-René. Elle prendra une journée de congé et amènera son fils à son travail.

Je connais une mère qui a pris toutes ses vacances, elle devra prendre des congés à ses frais. C’est des centaines de dollars, en plus des autres frais de la rentrée.

Magalie Baudin, mère d'un élève

Sur la page Facebook de la commission scolaire, le mécontentement est palpable.

« Trouver une gardienne » ou « demander des vacances à la dernière minute comme ça c’est pas donné à tous », écrit une mère. Une autre, infirmière, observe que les changements « de dernière minute » faits par la commission scolaire compliquent d’autant la vie des parents qui travaillent dans le secteur de la santé.

La décision de reporter la rentrée a été prise « pour assurer la sécurité et le bien-être de tous nos élèves et des membres de notre personnel », répond la CSDGS.

« Nous sommes conscients que cette situation demande des ajustements de la part des parents et des élèves », poursuit-on.

Des cours d’école amputées

Dans la plus grande commission scolaire de la province, à Montréal, des travaux sont en cours dans 150 établissements, ce qui n’est pas sans causer des désagréments.

À l’école Saint-Arsène, dans le quartier Rosemont, la moitié de la cour est amputée en raison des travaux, si bien que la récréation de l’après-midi se fera à l’intérieur tout le mois de septembre.

« Les professeurs ont pris cette décision parce qu’ils ne se voyaient pas faire un horaire de récréation, c’était trop bordélique », dit Patrick Trottier, vice-président de l’Alliance des professeurs, le syndicat qui représente les enseignants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Dans un message envoyé aux parents hier, la CSDM prévoit que les travaux seront terminés à la fin d’octobre.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

L’école Notre-Dame-de-Grâce

À l’école Notre-Dame-de-Grâce, dans le quartier éponyme, de grands échafaudages sont encore installés dans la cour. Les fenêtres de la façade – en voie d’être remplacées – sont recouvertes d’une pellicule en plastique, ce qui n’empêchera pas la rentrée d’avoir lieu comme prévu demain.

Il y a un réel enjeu dans l’industrie de la construction au niveau des délais. Il y a quelques établissements où des fenêtres n’ont pas été installées parce qu’on ne les a pas reçues.

Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal

Dans ces écoles, des systèmes de ventilation temporaires doivent pallier l’absence de fenêtres, poursuit-elle.

Les travaux qui s’échelonnent au-delà de la rentrée dans les écoles étaient pour la plupart déjà prévus ainsi, dit Catherine Harel Bourdon. Mais certains accusent des retards. « Il y a des endroits où il y a eu des aléas durant les travaux, surtout quand on parle des agrandissements d’école. Ça dépend du début de la construction, des conditions, des retards sur le chantier… », explique la présidente.

À l’école Lambert-Closse, située dans le Plateau Mont-Royal, les parents ont été avisés à une semaine d’avis que le service de garde serait fermé hier et aujourd’hui par « mesures de sécurité ».

Hier, des travailleurs de la construction s’affairaient encore dans la cour de cette école. Comme dans d’autres écoles de la CSDM, les enfants sont séparés du chantier par une clôture temporaire.

« Comme dans tout projet de construction, les travaux peuvent entraîner des inconvénients tels que de la poussière et du bruit. Aussi, des mesures ont été prises afin d’assurer la quiétude et la sécurité selon les normes établies par la Commission scolaire de Montréal et les organismes régissant le domaine du travail et de la construction », écrit la CSDM aux parents des écoles concernées.

« Un exploit »

À la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI), dans l’est de Montréal, on se félicite d’avoir réussi cette année à boucler tous les chantiers – sauf un – avant la rentrée des élèves. « Vous connaissez le contexte de l’industrie de la construction, c’est vraiment un exploit », dit Miville Boudreault, président de la CSPI.

Existe-t-il une recette particulière ? « On lance nos appels d’offres très, très rapidement, dit Miville Boudreault. C’est difficile pour moi de juger ce que font les autres commissions scolaires parce que l’an dernier, vous m’auriez posé la question, et il y a des endroits où la salle des profs et la bibliothèque n’étaient pas prêtes. Il y a les aléas de la construction. Cette année, c’est au beau fixe ! »