Il était un peu passé 8 h ce matin quand la bibliothécaire des Hautes études commerciales (HEC) s’est présentée dans une grande aire commune de l’université pour alerter les étudiants : l’eau coulait sur les livres, il fallait les sauver et toute l’aide était bienvenue.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Une conduite d’eau venait de céder au 6e étage de l’édifice du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, inauguré en 1996. Les étudiants qui étaient sur place pour étudier en cette fin de session avaient déjà pris sur eux de mettre les livres à l’abri, mais le temps commençait à presser.

« La bibliothèque a plus de 110 ans. J’étais contente de voir que les étudiants s’appropriaient tout ça, ils sortaient d’eux-mêmes les livres et les mettaient sur le côté. Ils sont allés chercher des chariots », dit Isabelle Dallaire, bibliothécaire aux HEC depuis 20 ans.

Étudiante à la maitrise en économie, Marianne Laurin avait le nez plongé dans ses travaux quand l’eau a commencé à couler sur les livres. « On a été plusieurs à se déplacer quand ils ont demandé de l’aide », dit-elle.

Un peu plus loin, Andreea Ivanescu faisait équipe avec une employée pour placer des livres sur un chariot. « J’ai un examen cet après-midi et j’étais venue pour étudier. Ils n’auraient jamais pu déplacer ça seuls, je n’aurais pas pu me concentrer en voyant ça se produire », dit l’étudiante en comptabilité.

La bibliothécaire s’est quant à elle improvisée gestionnaire de sauvetage. Fait rare pour Isabelle Dallaire, elle criait ses directives aux employés et étudiants qui se sont portés volontaires pour aider. « Suivez le train ! », « videz le chariot là-bas ! » « Sophie, peux-tu nous aider ? Va dans les périodiques ! »

Des dizaines d’étudiants et d’employés prêtaient main forte, certains pieds nus dans l’eau qui imbibait le tapis, d’autres en cravate.

Isabelle Dallaire était émue de toute cette solidarité. « Les étudiants sont assez exceptionnels et je suis fière d’être ici, dit-elle Ceux qui sont jeunes ont la bibliothèque tatouée sur le cœur autant que moi, ils voient l’importance de la collection et tout le patrimoine de l’école qui est à sauver. »

Trop tôt pour évaluer les dégâts

Les équipes de nettoyage étaient déjà sur place, mais il est trop tôt pour dire combien de livres de la « plus grande bibliothèque d’affaires au Canada » auront été endommagés.

« Il y a des livres qui sont uniques au monde, plein de livres que je ne pourrai jamais racheter. C’est un terrible drame, mais on va s’en sortir grâce aux étudiants », dit Isabelle Dallaire.

Les cours et les examens prévus aux HEC sont maintenus au moins jusqu’à 18 h 30.