Après la mairesse de Montréal la semaine dernière, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a appelé au calme hier soir dans le débat entourant le projet de loi sur la laïcité. Les commissaires de la CSDM ont convenu de remettre à plus tard une discussion sur la question.

MARIE-EVE MORASSE LA PRESSE

« Le projet de loi 21 suscite des débats intenses qui ne font vraiment pas ressortir le meilleur des individus », a déclaré Catherine Harel Bourdon, en disant souhaiter un débat « sain et exempt d'agressivité ».

La commissaire indépendante Violaine Cousineau entendait déposer hier soir une résolution pour s'opposer « à toute législation qui interdit ou qui restreint le droit, pour les employé.e.s de la CSDM, de porter des signes religieux dans I'exercice de leurs fonctions ».

C'est une résolution semblable à celles qu'ont adoptées les commissions scolaires English-Montreal et Lester B. Pearson, qui ont indiqué qu'elles ne comptaient pas appliquer la loi sur la laïcité. Le projet de loi 21 prévoit interdire le port de signes religieux aux enseignants et aux directeurs d'écoles primaires et secondaires du réseau public.

La commissaire Violaine Cousineau a diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle dit avoir reçu une « pluie d'insultes » après avoir annoncé son intention de déposer une résolution pour emboiter le pas aux deux commissions scolaires anglophones de l'île de Montréal.

« Je n'ai pas tout lu, c'était vraiment effrayant [...], dit-elle. Énormément de gens m'ont souhaité la prison pour une proposition que je dépose dans une instance délibérative. Je trouve que ça va loin et que ça démontre qu'il y a un climat social pourri actuellement », dit Violaine Cousineau.

En conséquence, les commissaires ont convenu d'attendre avant de discuter de cette proposition qui sera présentée plus tard au conseil des commissaires. La présidente de la commission scolaire a rappelé que la CSDM est « en première ligne » dans l'accueil de nouveau arrivants.