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La garderie n'améliore pas le développement cognitif

Les chiffres indiquent que les enfants qui ont... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les chiffres indiquent que les enfants qui ont été gardés sont tout de même moins susceptibles d'être vulnérables dans le domaine des « habiletés de communication et connaissances générales ».

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

UGO GIGUÈRE, JEAN PHILIPPE ANGERS
La Presse canadienne
Montréal

La fréquentation d'un service de garde avant d'entrer à la maternelle n'aurait aucun impact sur le développement cognitif et langagier des enfants, d'après une analyse de l'Institut de la statistique du Québec, mais un groupe de réflexion prévient que le constat pourrait être surtout celui de l'« importance de la qualité dans tous les types de services ».

Selon l'« Enquête québécoise sur le parcours préscolaire des enfants de maternelle 2017 », publiée jeudi, la fréquentation ou non d'un service de garde n'aurait aucun impact significatif sur le développement cognitif et langagier, de même que sur la santé physique et le bien-être des enfants.

Les chiffres indiquent que les enfants qui ont été gardés sont tout de même moins susceptibles d'être vulnérables dans le domaine des « habiletés de communication et connaissances générales ».

Ces mêmes enfants sont toutefois plus susceptibles d'être considérés vulnérables en matière de « compétences sociales » et de « maturité affective » que ceux qui restent à la maison.

Des variables précises sont cependant très importantes à considérer dans le cas des enfants qui sont confiés à un service de garde. La précocité, la fréquence et la stabilité du milieu peuvent influencer le risque de vulnérabilité des tout-petits.

D'après l'enquête statistique, plus un enfant commence à se faire garder tôt et plus ce milieu est stable, moins il risque d'être considéré vulnérable en toute matière. En contrepartie, si un enfant est gardé durant 45 heures et plus chaque semaine, son risque de vulnérabilité augmente.

En réaction à cette étude, l'Observatoire des tout-petits souhaite surtout rappeler l'« importance de la qualité dans tous les types de services de garde éducatifs pour le bon développement des tout-petits ».

En entrevue, la directrice de l'Observatoire des tout-petits, Fannie Dagenais, a souligné qu'un constat de l'enquête « pouvant sembler un peu surprenant » est l'absence d'un « effet protecteur » documenté par des études antérieures.

Mais selon Mme Dagenais, cet « effet protecteur est présent lorsque la qualité des services est au rendez-vous ».

L'environnement familial d'abord

L'Institut de la statistique met en garde que ce sont d'abord et avant tout les caractéristiques démographiques et socioéconomiques qui ont un plus grave impact sur le risque de vulnérabilité des enfants. Par ailleurs, les enfants qui ont bénéficié régulièrement de services de garde avant leur entrée à la maternelle sont plus susceptibles de vivre dans une famille bien nantie et d'avoir des parents scolarisés.

« C'est beaucoup dans le milieu familial que ça se passe, renchérit en entrevue Amélie Lavoie, professionnelle de recherche à l'Institut de la statistique du Québec. Les caractéristiques des enfants, des familles, les pratiques parentales, c'est assez constant dans toutes les études ».

Pour Mme Lavoie, les résultats de l'enquête devraient servir de réflexion pour améliorer les services aux enfants, mais aussi les mesures offertes pour la conciliation travail-famille, alors qu'il est clair que le temps prolongé passé en milieu de garde peut être néfaste.

Mme Lavoie ajoute aussi que les enfants gardés en installation sont plus susceptibles d'être vulnérables sur le plan socioaffectif que ceux gardés en milieu familial.

L'Observatoire des tout-petits souligne que des études réalisées depuis plusieurs années au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde, concluent que les services de garde éducatifs « peuvent contribuer positivement au développement des enfants, en particulier pour les tout-petits provenant de milieux défavorisés ».

Sans s'immiscer directement dans le débat sur les « maternelles 4 ans », projet cher au gouvernement Legault, Mme Dagenais a affirmé qu'il fallait « définitivement penser à la qualité des services [...] avant l'âge de 4 ans ».

« Un plus petit ratio est associé à une meilleure qualité. Dans la présente enquête, on voit que les tout-petits qui sont dans des milieux familiaux s'en tirent un peu mieux que ceux qui fréquentent des installations - CPE ou garderie privée, subventionnée ou non. La question du roulement de personnel est aussi importante, et le fait d'avoir des éducatrices formées qui comprennent bien les étapes du développement des tout-petits », a argué la directrice de l'Observatoire.

« On peut penser à toutes les mesures de conciliation famille-travail, sur lesquelles on pourrait travailler, a-t-elle ajouté. On pense souvent au milieu des affaires, mais les municipalités aussi peuvent agir, notamment en adaptant l'horaire de certains services. Et évidemment le gouvernement dispose de leviers. »

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Quelques données en vrac*

92 % des enfants fréquentent un service de garde avant d'entrer à la maternelle

38 % des enfants qui n'ont pas été gardés sont considérés vulnérables dans au moins un domaine de développement

27 % des enfants qui ont été gardés sont considérés vulnérables dans au moins un domaine de développement

12 % des enfants sont gardés pour la première fois à partir de l'âge de trois ans

11 % sont gardés plus de 45 heures par semaine en moyenne

22 % ont changé trois fois ou plus de milieu de garde avant leur entrée à la maternelle

*Source : Enquête québécoise sur le parcours préscolaire des enfants de maternelle 2017




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