La Commission scolaire de Montréal (CSDM) dénonce le fait qu’elle ne figure pas dans la liste de ceux qui pourraient être invités à donner leur avis sur le projet de loi 40, qui prévoit l’abolition des commissions scolaires pour les transformer en centres de services.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le gouvernement a publié aujourd’hui une motion dans laquelle il nomme une trentaine d’organisations qui pourraient être invitées à témoigner du 4 au 12 novembre prochains dans le cadre des audiences sur le projet de loi 40. Il s’agit d’une manœuvre inhabituelle, puisque le gouvernement s’entend habituellement avec les partis de l’opposition sur la liste des invités à une commission parlementaire.

La plus grande commission scolaire du Québec ne figure pas dans la liste. La CSDM sera vraisemblablement représentée par la Fédération des commissions scolaires du Québec, dont elle fait partie.

« C’est comme si le gouvernement nous disait que c’est seulement la Fédération des commissions scolaires qui peut représenter le Québec. Ils vont avoir seulement dix minutes de présentation. Ils ne pourront pas faire part de chaque enjeu social et économique de chaque région », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Au cabinet du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, on nous répond que les négociations entre les groupes parlementaires se poursuivent et que « la liste finale des intervenants entendus sera connue sous peu ».

Il n’y a pas que la CSDM qui demande d’être présente aux audiences de la commission parlementaire. Dans un communiqué émis mercredi, le Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie écrit qu’à « défaut de tenir des consultations générales, il est nécessaire d’entendre l’ensemble des commissions scolaires lors des futures consultations de la Commission de la culture et de l’éducation. »

Les présidents de sept commissions scolaires du Bas-St-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, ainsi que l’Association des commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue demandent aussi à être entendus à ces audiences.

« On a l’impression qu’ils veulent faire ça à la va-vite et qu’ils vont se retrouver avec un bâillon juste avant Noël pour enlever un droit démocratique aux citoyens. C’est quand même incroyable. On se demande si on est dans un processus démocratique avec les façons de faire du gouvernement actuel », dit la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

Le projet de loi 40 a été déposé au début du mois d’octobre. Il prévoit d’abolir les élections scolaires et de transformer les commissions scolaires en centres de services, un engagement phare de la Coalition avenir Québec (CAQ) pendant la dernière campagne électorale.

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard, La Presse