« Étonnamment », le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, montre de l'ouverture à une « réflexion sur une modernisation de la démocratie et de la gouvernance scolaires », soutient la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

Mis à jour le 15 déc. 2018
TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

Son président, Alain Fortier, a accordé une entrevue à La Presse hier à l'issue de la première rencontre officielle entre M. Roberge et les représentants des commissions scolaires francophones et anglophones.

Certes, peu de temps après son entrée en fonction, Jean-François Roberge a indiqué que le mandat des élus scolaires allait prendre fin en 2020. La Coalition avenir Québec a en effet promis d'abolir les élections scolaires et de transformer les commissions scolaires en centres de services aux écoles.

Or cette intention ne paraît pas coulée dans le béton, s'il faut en croire Alain Fortier. Le ministre « nous a présenté un peu ses grandes lignes, mais il nous a dit aussi dans la même veine : ce n'est pas une bible, c'est une mise au jeu. J'utilise même son expression. »

« On a bien sûr réitéré notre attachement profond envers la gouvernance élue des commissaires. On a senti du côté du ministre de l'ouverture sur ce plan-là. »

« Est-ce que ce sont de faux espoirs que je me fais ? Sincèrement, en sortant de là, on s'est dit : ha, le dialogue est établi. Et ça, pour moi, c'est un pas dans la bonne direction. »

Ses collègues des commissions scolaires anglophones ont « senti la même chose », la même ouverture. « C'est pour ça qu'on s'est donné 8 sur 10 ! », a lancé M. Fortier.

« Les anglophones, eux autres, ils lui ont dit clairement : je m'en vais en Cour suprême » si les élections scolaires sont abolies. « Est-ce que [le gouvernement a] le goût de faire ce genre de débat là ? », s'est demandé M. Fortier.

SIGNAUX PARADOXAUX

En entrevue avec la Montreal Gazette plus tôt cette semaine, le premier ministre François Legault a déclaré que ce serait une cause perdue d'avance pour les commissions scolaires anglophones. Dans ce contexte, les signaux d'ouverture qu'a perçus la FCSQ de la part du ministre Roberge sont plutôt paradoxaux.

Reste que ce dossier a connu bien des rebondissements dans les dernières années. Le gouvernement Couillard avait déposé un projet de loi afin d'abolir les élections scolaires, pour ensuite abandonner l'idée. Il est préférable de se concentrer sur l'amélioration des services aux élèves plutôt que de se lancer dans une guerre de structures, avait-il plaidé.

La FCSQ a fait valoir devant Jean-François Roberge que sa position n'était pas le statu quo. Elle lui a proposé de « moderniser » le rôle de l'élu scolaire, un discours qui n'a apparemment pas déplu au ministre.

« On a convenu qu'on se reverrait de manière régulière, les représentants des deux organisations et le ministre, pour qu'on puisse avancer ensemble sur cette question », a soutenu M. Fortier.