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Le français à l'UdeM: une «bilinguisation» inquiétante, dit le PQ

La députée du Parti québécois dans Marie-Victorin, Catherine Fournier, dénonce... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Photo Bernard Brault, archives La Presse

(Québec) La députée du Parti québécois dans Marie-Victorin, Catherine Fournier, dénonce la «bilinguisation» de l'Université de Montréal où «la place du français est vacillante».

Mme  Fournier a réagi mardi à la lettre ouverte d'une étudiante aux cycles supérieurs en physique publiée dans La Presse en matinée. Dans son récit, l'étudiante raconte qu'un de ses cours magistraux a été entièrement donné en anglais parce que deux étudiants unilingues anglophones de McGill s'y étaient inscrits en échange interuniversitaire.

«L'enseignant a donc demandé à la classe s'il pouvait donner le cours en anglais. [...] Personne ne s'y est opposé. [...] Alors, durant tout un trimestre, l'Université de Montréal, une université francophone du Québec, a donné un cours en anglais à une majorité d'étudiants francophones inscrits à un cours affiché en français», écrit Stéphanie Codsi dans son témoignage.

«C'est vraiment une situation qui est préoccupante. Trop souvent, les professeurs, les chargés de cours disent aux étudiants qu'ils peuvent produire leurs travaux autant en anglais qu'en français. [...] J'espère que la ministre responsable de la langue française et que le ministre de l'Enseignement supérieur poseront des questions parce que l'Université de Montréal [ne] semble pas appliquer sa politique linguistique correctement», a dit Mme  Fournier.

Au cabinet de Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, on a répondu mardi que «si des dispositions particulières peuvent parfois être prises pour accommoder certains étudiants, l'Université de Montréal est un établissement francophone. Ceux qui fréquentent l'université sont donc en droit de s'attendre à ce que leurs cours soient dispensés en français.»

L'Université se dit désolée 

Interpellée par La Presse, l'Université de Montréal s'est dite «désolée» de «la situation vécue par l'étudiante».  

«L'Université de Montréal se veut une université francisante et ouverte sur le monde. Les nouveaux professeurs et étudiants qui n'ont pas le français comme langue première sont soutenus pour apprendre le français», a indiqué par courriel la porte-parole de l'établissement, Geneviève O'Meara.  

En 2014, le recteur Guy Breton a aussi mis sur pied un Bureau de la valorisation de la langue française qui a pour mission d'appliquer les stratégies linguistiques de l'institution. L'Université de Montréal a notamment une politique linguistique qui stipule que «le français est la langue d'enseignement au premier cycle et la langue normale de l'enseignement aux autres cycles».  

«L'emploi d'une autre langue est possible pour des activités particulières, notamment pour des cours de langues et de cultures étrangères, des cours ou programmes destinés à des clientèles particulières, des activités dispensées à l'étranger ou lorsque la présence d'un conférencier ou d'un professeur invité le justifie», écrit-on également dans cette politique.  

«Inacceptable», dit QS 

Manon Massé, chef parlementaire de Québec solidaire, juge que la situation décrite par l'étudiante Stéphanie Codsi est «inacceptable».  

«Il existe plusieurs universités anglophones au Québec et la minorité anglophone a accès à un service de qualité. [Dans le témoignage de Stéphanie Codsi], on fait état que les documents fournis aux étudiants étaient d'une piètre qualité de français et qu'ils n'étaient pas à jour. On a un sérieux problème», a-t-elle dit.

Du côté du Parti libéral, l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a affirmé qu'il «faut être très vigilant» dans ce genre de situation.

«Je pense que l'équilibre aurait pu être plus heureux qu'enseigner uniquement en anglais. L'effort aurait pu être des deux côtés», a-t-elle ajouté.

Dans son témoignage, Stéphanie Codsi rapporte aussi que les notes de cours distribués par le professeur étaient plus complètes et précises en anglais qu'en français.

«À son bureau, il me spécifia également que la version française n'était pas tout à fait à jour. En effet, il y avait des ajouts dans la version anglaise qu'il n'avait pas encore intégrés à la version française. Au fond, sans le dire explicitement, il venait de me recommander de prendre la version anglaise de ses notes de cours», témoigne-t-elle.




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