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«Drogue du viol»: série noire dans un département de l'UQAM

Le GHB, surnommé « drogue du viol », est parfois... (ARCHIVES AFP)

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Le GHB, surnommé « drogue du viol », est parfois glissé dans un verre par un agresseur sexuel afin d'émousser les réflexes de sa victime.

ARCHIVES AFP

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
La Presse

Quatre futurs géographes de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) auraient été intoxiqués à la «drogue du viol» au cours de quatre fêtes étudiantes depuis le début de 2017, a appris La Presse. Une série noire sur laquelle enquêtent les services de sécurité de l'établissement.

«Ça n'a plus de sens, a confié l'une des victimes à La Presse, refusant toutefois d'être nommée. J'ai honte. Dans ma tête, je me blâme beaucoup.»

Un cinquième cas survenu dans les trois dernières années s'ajoute au bilan, sans toutefois qu'une date précise puisse y être associée.

«Mon dernier souvenir, c'est que je parlais avec des amis. Après ça, c'est extrêmement flou», a relaté la victime, certaine «à 100%» d'avoir été intoxiquée contre son gré au GHB, une drogue parfois glissée dans un verre par un agresseur sexuel afin d'émousser les réflexes d'une proie. «Après ça, j'ai été malade pendant deux jours.»

La coordonnatrice de l'association étudiante de premier cycle en géographie, Geneviève Fortin-Blanchard, a expliqué à La Presse que la dernière intoxication date du début du mois de novembre, pendant une fête d'Halloween dans un bar alternatif à deux pas de l'UQAM. Les avertissements clairs de l'association en matière de consentement n'y ont rien changé.

«Toutes les situations recensées ont eu lieu dans des bars et toutes les victimes ont été prises en charge lorsqu'elles se sont senties dans un état anormal et elles ont toutes été raccompagnées chez elles de façon sécuritaire.»

Chaque fois, il s'agissait d'événements organisés par l'association étudiante ou des groupes de financement d'étudiants en géographie. Cette constante pousse à un constat troublant : «Le problème n'est pas un lieu en particulier, mais bien une ou des personnes du programme de géographie» ou de leur entourage, a écrit l'association étudiante à tout le département il y a trois semaines.

«C'est ça qui fait peur, a expliqué la victime qui s'est confiée à La Presse. On se fait tellement confiance.»

ENQUÊTE DE L'UQAM

L'administration de l'UQAM tentera de faire la lumière sur ces intoxications à répétition, préférant laisser à chaque victime la possibilité de porter plainte - ou pas - à la police.

«Le Service de prévention et de sécurité a décidé d'ouvrir une enquête interne pour tenter de comprendre comment les événements se sont produits et s'il y a un fil conducteur à ces événements qui se sont tous déroulés à l'extérieur du campus», a affirmé Jenny Desrochers, porte-parole de l'établissement, en entrevue téléphonique.

«L'UQAM prend au sérieux ce type de situation qui implique des membres de sa communauté, dont les étudiants drogués à leur insu. Ça existe. Ça ne touche pas juste l'UQAM, je le croirais.»

L'association étudiante de premier cycle du département a aussi pris des mesures pour tenter de mettre un frein à la série noire. En plus de contacts avec l'administration du département et avec le bureau anti-harcèlement de l'UQAM, une présentation et des affiches de sensibilisation ont également été créées.

«Nous avons aussi décidé de donner des dossards flash aux étudiants chargés de s'assurer du bon déroulement des fêtes afin qu'ils ou elles soient plus visibles pour les prochains événements», a indiqué MmeFortin-Blanchard.

PAS D'APPEL OFFICIEL À LA POLICE

Ni l'UQAM ni l'association étudiante n'ont alerté les autorités.

«Ce sont les victimes qui doivent porter plainte à la police, a indiqué Mme Desrochers, de l'UQAM. Toutefois, le Service de prévention et de sécurité de l'UQAM est disponible pour accompagner les personnes plaignantes, si elles le souhaitent.»

La victime avec qui La Presse s'est entretenue n'a pas voulu rapporter le crime à la police. «Moi, personnellement, je ne crois pas que le système soit très adapté pour ces situations. C'est vraiment difficile de dénoncer. On se fait toujours remettre en question : "Peut-être que t'as mal réagi avec l'alcool ? Peut-être que t'as mal réagi avec autre chose ?", a-t-elle dit. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais contacté la police.»

Au Service de police de la Ville de Montréal, le porte-parole Emmanuel Anglade a indiqué que la police ne confirme jamais l'existence d'une enquête. Il a toutefois souligné que ses enquêteurs ne voyaient pas de hausse du nombre d'intoxications au GHB à Montréal ces mois-ci.




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