La réforme tous azimuts envisagée par le gouvernement Couillard dans le réseau de l'éducation s'est attiré les foudres de nombreux intervenants.

Mis à jour le 27 sept. 2014
Annabelle Blais, Hugo Pilon-Larose LA PRESSE

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, critique les méthodes du gouvernement. «On lance des ballons dans les médias [...], l'image qu'on a, c'est qu'on ne sait pas où on s'en va, mais on y va à grande vitesse. Et c'est démotivant et déstabilisant pour notre monde», dit-elle. Au sujet de la création d'un ordre professionnel des enseignants, elle affirme qu'il s'agit d'un faux débat puisque la question a déjà été étudiée par l'Office des professions, qui s'était prononcé contre. Elle s'oppose également à l'abolition ou la diminution du nombre de commissions scolaires, car elle rappelle que les dernières fusions n'ont généré aucune économie.

Selon Catherine Harel-Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), transférer les pouvoirs en éducation aux municipalités serait une mauvaise décision «qui coûterait plus cher aux contribuables québécois», a-t-elle indiqué. «Le citoyen doit comprendre qu'abolir ou diminuer le nombre de commissions scolaires ne nous fera pas économiser», a dit Mme Harel-Bourdon. Selon elle, diminuer le nombre de commissions scolaires n'est pas facilement réalisable.

Services aux élèves



La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a refusé notre demande d'entrevue, mais déplore que le gouvernement s'intéresse aux structures plutôt qu'au service aux élèves, a-t-elle fait savoir par communiqué.

«Les démarches entamées se traduiront-elles par de meilleurs services aux élèves? Si le gouvernement ne devait répondre qu'à une seule question, ce serait celle-ci», affirme Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). La Fédération s'oppose à la création d'un ordre professionnel et à la diminution du nombre de commissions scolaires. «Les orientations que semble prendre le gouvernement Couillard témoignent encore une fois d'une incompréhension des besoins réels du milieu de l'éducation», a ajouté M. Mallette.