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Levée de boucliers contre l'Institut Confucius à Québec

La signature d'un accord confidentiel avec la Chine qui permet l'installation... (Photo Le Soleil, Steve Deschênes)

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Photo Le Soleil, Steve Deschênes

FABRICE DE PIERREBOURG
La Presse

La signature d'un accord confidentiel avec la Chine qui permet l'installation au cégep Limoilou, à Québec, d'un controversé Institut Confucius crée des remous au sein de cet établissement.

L'association étudiante locale (AGEECL) s'oppose farouchement à cette initiative pour des raisons éthiques et morales. Elle voit en cet Institut un outil de propagande et d'«endoctrinement».

«Ce sera la version officielle de la Chine, où, par exemple, on nous convaincra que le Tibet est chinois», déplore Philippe Dubois, secrétaire aux affaires externes de l'AGEECL, en entrevue à La Presse.

À l'issue d'une assemblée générale tenue hier midi, l'association étudiante demande donc à la direction du cégep de «briser» cette entente «honteuse», dévoilée en présence de la ministre Agnès Maltais le 26 février dernier.

Les Instituts Confucius, dont le siège est à Pékin, sont surveillés par nombre de services de renseignement parce qu'ils sont considérés au minimum comme un outil d'influence, de «puissance douce» (soft power) du gouvernement chinois.

Certains les suspectent aussi de servir de paravent pour des activités d'espionnage en raison des partenariats tissés avec des entreprises de haute technologie chinoises.

Illustration parfaite de cette crainte, la responsable montréalaise de l'Institut a déjà confié à La Presse avoir reçu plusieurs visites d'agents du SCRS.

«Comment une institution publique québécoise peut-elle s'associer avec un organisme dirigé par le Parti communiste chinois?» questionne M. Dubois.

Il dénonce les contraintes édictées par la Chine. En particulier le fait, selon l'article 6 du règlement des Instituts, que les lois chinoises «prévalent» et ne doivent pas être violées.

«Inadmissible et honteux»

Dans un mémoire déposé hier, l'association étudiante considère aussi les «conditions d'embauche des enseignants de mandarin fournis par la Chine comme inacceptables». Les adeptes du Falun Gong, religion bannie en Chine, seraient ainsi exclus.

«Nous ne pouvons rester indifférents devant de telles pratiques qui violent nos lois nationales, lit-on dans le mémoire étudiant. Le cégep se retrouve à endosser de telles pratiques, ce qui est inadmissible et honteux.»

Le Parti communiste chinois a ouvert un premier Institut Confucius en 2004 en Corée du Sud. Signe de son succès, aujourd'hui, on en compterait près de 358 dans 105 pays. Celui de Limoilou sera une «antenne» de celui du Collège Dawson.

Officiellement, sa mission est de «favoriser les relations avec la Chine, en offrant la possibilité d'acquérir une meilleure compréhension de la culture et de la civilisation chinoises».

Dans un rapport secret consacré en 2006 aux Instituts Confucius, les services de renseignement canadiens écrivent que la «Chine veut que le monde s'éprenne d'elle et de tout ce qui est chinois». Selon le SCRS, cette «puissance douce» va de pair avec la campagne de l'empire du Milieu pour «accroître sa puissance militaire et son pouvoir économique».

Le directeur général du cégep n'a pas rappelé La Presse.




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