À la veille du Sommet sur l'enseignement supérieur, le Parti libéral du Québec maintient sa proposition de hausser la contribution étudiante, mais dans une proportion moindre que ce qu'il préconisait lorsqu'il était au pouvoir.

Mis à jour le 23 févr. 2013
Pascale Breton LA PRESSE

Dans son mémoire présenté hier, il exhorte aussi le gouvernement Marois à annuler les compressions de 250 millions imposées aux universités pour les deux prochaines années et d'effacer totalement les coupes annoncées dans la recherche.

Le Parti libéral du Québec se dit également favorable à la création d'un organisme indépendant, semblable au défunt Conseil des universités, qui évaluerait la gouvernance, la qualité et le développement des universités.

Entre 160$ et 250$

Les idées émises dans le mémoire «recadrent les propositions que nous avions déjà mises sur la table», a expliqué le chef intérimaire du Parti libéral du Québec et chef de l'opposition officielle, Jean-Marc Fournier.

Le PLQ prône ainsi une hausse des droits de scolarité de façon à ce que la contribution des étudiants au financement des universités passe de 12,7%, actuellement, à 15 à 17%.

«Nous visons une fourchette entre 160 et 250$» de plus par année, a précisé M. Fournier. Lors de la crise étudiante, la dernière proposition du gouvernement Charest était plutôt une hausse annuelle de 254$ pendant sept ans.

La contribution étudiante devrait également être modulée en fonction des coûts réels des programmes et pondérée pour «éviter des écarts déraisonnables».

Une fois le rattrapage fait, les droits de scolarité devraient être indexés annuellement en fonction du coût de fonctionnement des universités, soit 83$ annuellement.

C'est l'une des trois propositions de l'économiste Pierre Fortin qui a établi l'indexation à 46, 70 ou 83$ annuellement, selon le modèle choisi.

M. Fournier a aussi appelé le gouvernement à réinvestir dans le financement des universités.

Les compressions annoncées de 250 millions vont dans le sens contraire, a-t-il rappelé. «Si tout le monde s'entend pour dire qu'on doit refinancer, j'ai beaucoup de mal à comprendre qu'on creuse plus profondément. Minimalement, tu restes au même niveau, mais creuser un trou me semble le chemin inverse.»

Pas de conseil des universités pour la CAQ

La Coalition avenir Québec (CAQ) est pour sa part déçue des orientations du gouvernement contenues dans le cahier du participant au Sommet, rendu public jeudi.

«La montagne accouche d'une souris», a lancé le député Stéphane Le Bouyonnec. Il s'oppose par exemple à la création d'un Conseil national des universités.

Il s'est toutefois montré favorable à ce que le réinvestissement promis aux universités soit conditionnel à l'atteinte de certains objectifs.

À l'époque où il était ministre de l'Éducation, François Legault avait lui-même défendu un principe semblable avec l'imposition de contrats de performance.

Comme les libéraux, la CAQ demande que le gouvernement Marois renonce aux compressions de 250 millions en deux ans dans les universités.

Au chapitre des droits de scolarité, les quatre universités «de classe mondiale» - Montréal, McGill, Laval et Sherbrooke - devraient pouvoir les augmenter d'environ 15% par année pendant cinq ans, estime la CAQ.

La hausse devrait atteindre environ 3,5% dans les autres universités. La CAQ milite par ailleurs pour moduler les droits de scolarité selon le domaine d'études et le coût de la formation.