La plus radicale des associations étudiantes nationales veut que le gouvernement promette que la gratuité scolaire est toujours sur la table, faute de quoi elle ne participera pas au sommet sur l'éducation.

Mis à jour le 4 févr. 2013
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Si le ministre Pierre Duchesne en fait la promesse, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) participera à son sommet. Mais elle gardera un oeil sur la porte de sortie, prête à la claquer en cas de pépin.

La Presse a appris que L'ASSÉ avait adopté en fin de semaine une proposition dite «de compromis». Dans une conférence de presse organisée lundi matin à Montréal, l'association a donc exigé que le ministre de l'Éducation déclare officiellement que l'option de la gratuité scolaire n'est pas complètement écartée et que le gouvernement l'envisage toujours. Cet engagement devra être pris avant jeudi, a affirmé l'ASSÉ.

À proximité de la sortie

Les représentants de l'ASSÉ ont également annoncé qu'ils quitteraient le sommet sur l'éducation si les militants qui manifestent en marge de l'événement sont la cible d'une opération policière musclée ou si le principe de l'assurance qualité est retenu dans les discussions. Ce système, décrié par l'association étudiante, prévoit l'évaluation de l'enseignement universitaire par un organisme externe.

Si le gouvernement annonce une hausse ou une indexation des droits de scolarité à l'issue de la rencontre, l'ASSÉ s'engagera dans «une escalade des moyens de pression» qui n'exclut pas une nouvelle grève générale, ajoute la longue proposition adoptée en congrès.

Déchirement profond

Samedi, les participants au congrès de l'ASSÉ se sont déchirés sur la question du sommet lors d'un vote très serré.

Vingt-trois associations se sont prononcées pour un boycottage complet de l'événement. Vingt-trois autres ont plutôt voté contre cette option.

Un long débat a suivi, selon nos sources, au cours duquel des associations plus radicales ont menacé de quitter la réunion si l'ASSÉ participait au sommet sans condition.

La question divisait profondément les participants. De façon générale, les cégeps et les universités qui se sont joints à l'organisation récemment sont considérés comme trop peu radicaux par les militants de plus longue date. Le conseil exécutif de l'organisation prônait le boycottage du congrès et travaillait en prévision de cette éventualité depuis des semaines, selon nos informations.

Hier soir, la porte-parole de l'ASSÉ a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations de La Presse.