Mauvaise surprise pour des parents d'élèves de Saint-Hubert. Le coût du transport scolaire à l'heure du midi va tripler à compter de la prochaine rentrée scolaire. Une décision prise notamment en raison des compressions budgétaires imposées par Québec aux commissions scolaires.

Pascale Breton LA PRESSE

Serge Gélinas et Sonia Proulx sont les parents de quatre enfants, dont trois fréquenteront en septembre l'école Gaétan-Boucher, à Saint-Hubert.

Mère au foyer, Mme Proulx a choisi de faire dîner ses enfants à la maison. Comme la famille réside juste sous la limite du 1,6 km de l'école, les enfants voyagent en autobus scolaire le midi. Le service coûtait 110$ annuellement par enfant. Il grimpera à 342$, par année et par enfant, à compter de la prochaine rentrée.

«C'est clair que c'est une décision prise par les commissaires pour nous inciter à faire manger les enfants à l'école le midi, plutôt qu'à la maison», déplore Mme Proulx.

La commission scolaire a aussi annoncé des frais supplémentaires, cette fois pour les élèves qui sont transportés en autobus le matin et le soir, mais qui résident à moins de 1,6 km de l'école. Considérés comme des marcheurs, ils ne sont pas censés voyager en autobus.

Historiquement, s'il restait des places à bord des véhicules, les enfants pouvaient toutefois être transportés gratuitement. C'était le cas des enfants de la famille Proulx-Gélinas.

Ce service coûtera maintenant 180$ par enfant ou 250$ par famille de plus d'un élève. «Au total, c'est une augmentation de 1276$ qu'on doit absorber», lance Mme Proulx.

Rapport du vérificateur général

À la commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), on explique que c'est à la suite du rapport du vérificateur général du Québec, qui a critiqué la commission scolaire pour le service déficitaire de transport le midi, que la décision a été prise d'augmenter considérablement le tarif.

Les écoles doivent fournir du transport scolaire le matin et le soir, mais ne sont pas obligées de le faire le midi.

Le service n'est pas rentable et doit s'autofinancer. La commission scolaire perd 70 000$ annuellement, explique Pierre Vocino, directeur du service de l'organisation scolaire et du transport. Seulement 321 des 18 000 élèves d'âge préscolaire et primaire s'en sont prévalus cette année. «C'est très peu», fait-il valoir.

À la suite des importantes compressions imposées par Québec, la CSMV a dû récupérer des sommes pour boucler son budget, explique aussi M. Vocino. Elle a donc décidé de faire payer les élèves marcheurs qui utilisent le service de transport scolaire.