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Que reste-t-il du Montréal yiddish?

  • Réunion de groupe du Jewish National Fund à Montréal, vers 1920 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Réunion de groupe du Jewish National Fund à Montréal, vers 1920

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  • Melech Ravitch, Ida Maze, un inconnu, Rochl Korn, J.-I. Segal, vers 1950 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Melech Ravitch, Ida Maze, un inconnu, Rochl Korn, J.-I. Segal, vers 1950

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  • L'écrivain Noah-Isaac Gotlib avec des membres de sa famille dans les années 1920 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    L'écrivain Noah-Isaac Gotlib avec des membres de sa famille dans les années 1920

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  • La synagogue B’nai Jacob, vers 1960, où loge aujourd’hui le Collège français, rue Fairmount (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    La synagogue B’nai Jacob, vers 1960, où loge aujourd’hui le Collège français, rue Fairmount

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  • La salonière et poète Ida Maze, dans les années 1920 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal, collection Léa Roback de la Bibliothèque)

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    La salonière et poète Ida Maze, dans les années 1920

    Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal, collection Léa Roback de la Bibliothèque

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  • Les poètes Jacob-Isaac Segal, Mani Leib (de New York), Sholem Shtern et Joseph-M. Dimentstein, dans les années 1920 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Les poètes Jacob-Isaac Segal, Mani Leib (de New York), Sholem Shtern et Joseph-M. Dimentstein, dans les années 1920

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  • Les écrivains yiddish montréalais Jacob-Isaac Segal et Ida Maze en compagnie du poète yiddish new-yorkais Aaron-Glanz Leyeles, au parc Jeanne-Mance, au début des années 1950. À l'arrière-plan, l'avenue de l'Esplanade, à la hauteur de l'avenue du Mont-Royal (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Les écrivains yiddish montréalais Jacob-Isaac Segal et Ida Maze en compagnie du poète yiddish new-yorkais Aaron-Glanz Leyeles, au parc Jeanne-Mance, au début des années 1950. À l'arrière-plan, l'avenue de l'Esplanade, à la hauteur de l'avenue du Mont-Royal

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  • La romancière Chava Rosenfarb, date inconnue (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    La romancière Chava Rosenfarb, date inconnue

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  • Les presses du journal yiddish Der Keneder Odler, vers 1920 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Les presses du journal yiddish Der Keneder Odler, vers 1920

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  • La une du Keneder Odler, le 11 novembre 1938, sur la Nuit de cristal (Archives de la Bibliothèque publique juive)

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    La une du Keneder Odler, le 11 novembre 1938, sur la Nuit de cristal

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  • Jacob-Isaac Segal, considéré le plus grand poète yiddish de Montréal et du Canada, vers les années 1930 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Jacob-Isaac Segal, considéré le plus grand poète yiddish de Montréal et du Canada, vers les années 1930

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  • Lea Roback vers 1940 (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal)

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    Lea Roback vers 1940

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Montréal pluriel

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Montréal pluriel

Que connaissent les Montréalais de la multiplicité culturelle qui les entoure et dont ils font partie? Souvent, pas grand-chose. Découvrez des facettes variées de la ville grâce aux portraits et rencontres de ce dossier. »

Une fois par semaine, Tamara Kramer rend visite à des petits vieux de la communauté juive. En échange de quelques danoises, elle leur demande d'expliquer un mot yiddish, Fleishedicke, qui signifie «souper à la viande». Ces rencontres font ensuite l'objet d'une petite chronique vidéo (Danish&Yiddish) qu'elle diffuse sur shtetlmontreal.com, son blogue consacré à la culture juive actuelle.

Ce n'est pas si évident. Il faut trouver des gens qui parlent encore la langue. Il n'y en a plus tant que ça», lance Tamara.

Comme la plupart des jeunes Juifs d'origine ashkénaze (d'Europe de l'Est), Tamara Kramer a été élevée en anglais. Elle ne connaît pas grand-chose de la langue de ses grands-parents et le regrette. D'où cette envie d'explorer le vocabulaire yiddish.

Ma mère le comprend, mais ne le parle qu'un peu. Et moi, pas vraiment. Mais plus je vieillis, plus je m'y intéresse. Parce que c'est une langue particulièrement colorée. Avec des expressions savoureuses et des termes forts, qui devraient être utilisés plus souvent...»

Inévitable sans doute, le déclin du yiddish est quand même surprenant. Car il n'y a pas si longtemps, on le parlait abondamment dans nos rues. À une certaine époque, Montréal était même considéré comme un haut lieu de la culture juive en Amérique.

Après le français et l'anglais, le yiddish était la troisième langue la plus parlée et la plus affichée à Montréal, souligne Chantal Ringuet, auteure du livre À la découverte du Montréal yiddish, qui vient de paraître aux Éditions Fidès. C'était un phénomène très important, qui a profité du fait que la ville était déjà bilingue.»

Selon Mme Ringuet, 60 000 Juifs montréalais parlaient couramment yiddish en 1930, soit 97% de la communauté. Ce chiffre est aujourd'hui tombé à un maigre 3%, petit groupe essentiellement composé de survivants de l'Holocauste.  

Seule exception, et elle est durable: les Juifs hassidiques (environ 12 000 personnes) ont conservé le yiddish comme langue principale, ce qui constitue, comme la plupart de leurs signes distinctifs, un autre rempart contre la modernité.

Chantal Ringuet, auteure du livre À la découverte... (Photo: Alain Roberge, La Presse) - image 2.0

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Chantal Ringuet, auteure du livre À la découverte du Montréal Yiddish.

Photo: Alain Roberge, La Presse

Se fondre dans la masse

La plus importante immigration juive d'Europe de l'Est a eu lieu dans la première moitié du XXe siècle et cette présence a laissé des traces. 

Outre la religion, ces nouveaux Montréalais ont amené avec eux une certaine vision du monde et de la politique. Ils ont notamment fait beaucoup pour la lutte ouvrière au Québec et révélé d'importants leaders syndicaux comme Lea Roback et Joseph Shubert. 

Le monde des arts ne fut pas en reste. Bien avant les Canadiens-français, qui voyaient la ville comme un monde de pauvreté et d'aliénation, les peintres et les écrivains juifs ont été les premiers à exalter Montréal, ses rues et sa montagne. «Ils étaient modernes avant la lettre, résume Chantal Ringuet. Leur vision de l'urbanité était positive, originale et rafraîchissante.» 

Très actif, ce milieu de créateurs yiddishophones donnera naissance à des figures marquantes comme le poète Jacob-Isaac Segal, la poète Ida Maze et la romancière Rokhl Korn. Cette crème intellectuelle fera de Montréal une ville juive incontournable, certains allant jusqu'à la surnommer «la Petite Jérusalem d'Amérique». 

Comment, alors, expliquer ce dramatique déclin du yiddish?  

L'envie de se fondre dans la société d'accueil, croit tout simplement Chantal Ringuet: «En Europe, le yiddish était la langue des persécutés. Ici c'était la langue des immigrés. Normal que plusieurs ne l'aient pas transmis à leurs enfants. Ils ne voulaient pas être à la marge. Ils ne voulaient pas vivre avec le poids de la Shoah. Ils étaient venus ici pour devenir des Canadiens et des Nord-Américains. Alors ils sont passés à l'anglais.» 

Un petit revival

Malgré tout, le yiddish n'a pas encore dit son dernier mot. Depuis quelques années, une nouvelle génération de Juifs a recommencé à explorer la langue de ses ancêtres. 

Je sens un petit revival, confirme Tamara Kramer. Pas énorme. Mais je crois que certains sont nostalgiques...» 

Autrefois langue du peuple, le yiddish est désormais enseigné à l'université, parfois jusqu'à de très hauts degrés de raffinement. Fait intéressant, cette discipline n'attire pas seulement les Juifs, mais aussi ceux qui ne le sont pas. Référence dans le domaine, le Québécois Pierre Anctil a mis cette passion au service de la littérature, traduisant, pour des lecteurs francophones, quelques auteurs yiddish d'avant et d'après-guerre. 

Impossible enfin, de ne pas citer la vague néo-klezmer, qui conjugue ce renouveau culturel avec la réhabilitation de la musique juive d'Europe de l'Est.  

Figure de proue de ce mouvement, le Montréalais Socalled s'est fait connaître dans le monde entier en mettant de vieilles chansons yiddish au service du hip-hop à moins que ce ne soit l'inverse. Ses recherches ethnomusicologiques l'ont amené à connaître la langue, mais encore aujourd'hui, il se dit loin de l'avoir domptée. 

J'aimerais parler plus souvent yiddish, mais avec qui? Parfois, je jase avec des vieux qui ne parlent pas anglais. Mais la plupart du temps, ça m'aide surtout à parler de dirigelt (loyer) avec mon propriétaire hassidique...»

Quelques repères...

> Un nom: Léa Roback (1903-2000). Syndicaliste et militante tous azimuts, elle est considérée comme une pionnière du féminisme au Québec. Elle a lutté pour le droit à l'avortement, à la contraception et le droit de vote pour les femmes.

> Un lieu: Les Monuments funéraires Berson (3884, boul. Saint-Laurent) est le dernier commerce de l'ancien quartier juif du Plateau à afficher des caractères hébraïques sur son enseigne. Un autre monument, National celui-là, mérite d'être cité. Beaucoup de pièces en yiddish ont été jouées dans le vieux théâtre de la Main.

> Une oeuvre: Nostalgie et tristesse, Mémoires littéraires du Montréal yiddish de Sholem Shtern. Traduit par Pierre Anctil aux Éditions du Noroît.

> Une expression: on dit de quelqu'un qui n'est pas très intelligent qu'il est «a shtik fleish mit tzvei eygen ». Traduction littérale: «C'est un morceau de viande avec deux yeux» (source Tamara Kramer).

> Apprendre le yiddish: le département d'études juives, de l'Université McGill, offre des cours au premier cycle. Sinon, il y a toujours les clips Danish&Yiddish, sur le site shtetlmontreal.com.




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