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Pierre-Luc Gagnon, Californie: vers son rêve, toujours plus haut

Pierre-Luc Gagnon... (Photo Daniel Mathieu, collaboration spéciale)

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Pierre-Luc Gagnon

Photo Daniel Mathieu, collaboration spéciale

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Gens d'ici qui vont loin

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Gens d'ici qui vont loin

Ils vivent à l'extérieur du pays depuis plus d'un an. Ils se distinguent par leur accomplissement dans leur pays d'adoption. Nous vous les présentons dans une série de portraits. »

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Caroline Rodgers
La Presse

(Montréal) Le numéro un mondial de la planche à roulettes est un Québécois. Pierre-Luc Gagnon, 30 ans, originaire de Boucherville, est parti vivre en Californie il y a 10 ans. Grâce à ses prouesses, celui que l'on appelle «PLG» est maintenant une grande vedette de son sport. Il demeure pourtant moins connu au Québec qu'aux États-Unis.

Pierre-Luc Gagnon avait à peine 20 ans le jour où il est monté dans sa voiture, décidé à rouler jusqu'en Californie pour vivre son rêve: être professionnel et champion de skate-board.

Dix ans plus tard, le rêve est devenu réalité. Pierre-Luc, ou «PLG», comme on le surnomme dans le milieu, est le numéro un du monde dans sa catégorie et amasse une fortune. Il a remporté des dizaines de médailles, notamment seize, dont sept d'or, aux X-Games, ultime compétition des sports extrêmes. Sa spécialité, c'est le vert skating, c'est-à-dire la planche sur rampes verticales, dont il est devenu un virtuose après des années d'entraînement.

L'ascension d'un champion

Tout a commencé vers l'âge de 9 ans. Pierre-Luc Gagnon insiste alors pour que son père lui achète sa première planche à roulettes et fréquente ensuite le planchodrome local intensivement. Après quelques mois, il a la piqûre! Mais l'hiver, au Québec, il est difficile de trouver des endroits pour faire de la planche, surtout à cette époque.

«Nous avons formé un groupe pour louer un bâtiment pendant l'hiver, chacun payait 50$ par mois et on installait des rampes pour se pratiquer», se souvient-il.

En 1992, son père, qui est professeur d'éducation physique, réussit à convaincre la Ville de Boucherville d'ouvrir un parc de planche à roulettes intérieur.

«J'y suis allé tous les jours pendant six ans, et c'est là que je suis devenu bon, raconte Pierre-Luc Gagnon. Après l'école, je m'entraînais tous les soirs jusqu'à 21h. Au secondaire, j'étais inscrit dans un programme de sports-études en skate-board pour pouvoir m'y consacrer.»

Ses parents l'ont toujours soutenu. «Quand ils ont ouvert le parc à Boucherville, bien peu de parents se pointaient à part les miens, dit-il. Les autres parents considéraient le skate-board comme une perte de temps pour leur jeune et, pour certains, c'était même vu comme quelque chose de délinquant.»

Dans son entourage, il y avait bien des sceptiques. «Les gens me demandaient pourquoi je ne pratiquais pas un «vrai» sport, comme le hockey! Pourtant, aujourd'hui, de tous les jeunes avec qui j'ai étudié en sports-études, aucun n'est devenu professionnel. Je suis le seul qui pratique un sport pour gagner sa vie.»

En 1996, il tente sa chance lors d'une compétition itinérante qui accompagne une tournée musicale partout en Amérique du Nord. Le gagnant de chaque ville remporte un voyage à Los Angeles pour la grande finale, dont Pierre-Luc sort gagnant. Cette victoire lui vaut un contrat avec la marque de chaussures Vans, ce qui lui permettra de participer à des compétitions et à des démonstrations dans plusieurs pays. Sa vie de skater professionnel est lancée.

Plus loin et plus haut

«Mais en 2000, j'ai réalisé que si je voulais vraiment donner un élan à ma carrière, je devais déménager en Californie. Ici, c'est un sport important et on peut en faire 12 mois par an. Depuis, j'ai participé à des compétitions partout, dont au Brésil, en Suisse et en Chine», raconte Pierre-Luc Gagnon.

Pour lui, la planche n'est pas qu'un sport: c'est aussi une forme d'art. «C'est une façon de s'exprimer, d'être original et vraiment unique, dit-il. Ce n'est pas un sport traditionnel où tout le monde exécute les mêmes manoeuvres. Il faut trouver son propre style, pratiquement comme un artiste.»

L'athlète a encore de belles années devant lui en matière de compétition. «Mes deux principaux adversaires ont 37 et 38 ans, dit-il. Je pense donc continuer encore pendant sept ou huit ans et après, les occasions seront nombreuses pour commencer une autre carrière dans le domaine. Si je gère bien l'argent que je gagne aujourd'hui, j'aurai la liberté de faire ce que je veux.»

Réussir est possible quand on est vraiment passionné: c'est le message qu'il aimerait transmettre. «Si on a un rêve, qu'on travaille fort et qu'on fait le nécessaire, c'est possible de le réaliser.»




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