(Montréal) Plusieurs CPE du Québec seront touchés par une grève les 12 et 13 octobre, à moins qu’une offre gouvernementale plus intéressante aux yeux des syndiquées de la CSQ soit déposée d’ici là pour renouveler les conventions collectives.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

Cette fois, ce sont des travailleuses syndiquées à la Centrale des syndicats du Québec qui débraieront. Il s’agirait de leurs premières journées de débrayage, à même un mandat de six jours de grève.

La grève tournante toucherait les régions du Grand Montréal, à savoir Montréal, Laval, Lanaudière et la Montérégie, ainsi que l’Estrie le 12 octobre et les régions de Québec, Chaudière-Appalaches et de l’Abitibi le 13.

L’exercice de ces journées de grève dépendra toutefois de l’offre gouvernementale que la Fédération des intervenantes en petite enfance de la CSQ attend, le 7 octobre. Si l’offre gouvernementale est suffisamment intéressante à ses yeux, la grève n’aura pas lieu, a expliqué en entrevue Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ.

« C’est sûr que si le 7, on a un retour favorable, on va tout stopper. On ne fera pas la grève pour faire la grève ; ça, c’est clair pour nous. Tout dépendant du 7, si on a un bon retour et qu’on sent qu’on est capable de faire des avancées, tout pourrait être stoppé. Mais on veut quand même déjà l’annoncer aux parents pour le 12 et le 13 », a expliqué Mme Grenon.

Elle rapporte pourtant des progrès à la table de négociation, où sa fédération se trouvait encore vendredi. « Il ne reste pas grand-chose ; beaucoup de choses sont déjà réglées. Un dernier blitz, puis on est capable de régler ça rapidement », a lancé Mme Grenon.

Avant ces syndiquées de la CSQ, celles de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, avaient débrayé durant une journée, et elles ont annoncé une deuxième et une troisième journée de grève, les 14 et 15 octobre. Ces syndiquées ont un mandat de 10 jours de grève.

Quant à celles qui sont syndiquées à la FTQ, plusieurs se prononcent présentement sur un mandat de grève.

En litige

Le litige porte d’abord sur les salaires. À l’heure actuelle, le salaire d’une éducatrice qualifiée est de 19 $ l’heure au premier échelon et de 25 $ l’heure au 10e et dernier échelon.

La fédération de la CSQ revendique des augmentations plus importantes pour les plus bas salariés. Elle demande ainsi des augmentations totalisant 27 % sur trois ans pour le premier échelon et totalisant 21 % sur trois ans pour le dernier échelon.

La FIPEQ revendique aussi un plancher d’emploi pour celles qui viennent en soutien aux éducatrices, comme les préposés à l’entretien et les éducatrices spécialisées.

Mme Grenon fait valoir qu’il y a eu beaucoup de compressions au sein de ce type de personnel, en 2015 et 2016, et qu’à cause de cela, les tâches des éducatrices ont augmenté. Elle veut donc un plancher d’emploi pour garantir un certain niveau de services.

Elle revendique aussi plus de moyens à leur disposition pour s’occuper des enfants qui ont des besoins particuliers

Il existe aussi une pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde. « Il faut trouver de nouvelles intervenantes. Il faut attirer la relève et faire revenir celles qui ont quitté », plaide Mme Grenon.

« C’est maintenant qu’il faut donner le coup de barre. On a les sommes du fédéral disponibles, avec les 6 milliards sur cinq ans. Alors le gouvernement a tout en main pour donner le coup de barre », a conclu Mme Grenon.