Les Québécois ont entamé la semaine de relâche en famille sur les pentes et en plein air, avec peu d’enthousiasme pour les sorties au cinéma et les écrans, qui dominent la vie des écoliers depuis un an. Le climat printanier a permis à de nombreux parents de profiter de ce début de congé avec leurs enfants, dimanche.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Un soleil radieux et une température clémente pour commencer une semaine de congé avec la marmaille : il n’en fallait pas plus pour attirer foule au parc national du Mont-Saint-Bruno. Ils sont nombreux à skier ou à pédaler sur leur vélo à pneus surdimensionnés (fatbike) sur les sentiers. D’autres se promènent en famille. C’est le cas de Jean Bertrand et de sa conjointe, Sandra Dorélien. Pas si simple pour le couple de Varennes d’organiser la semaine de jeux et d’activités du petit Lucas, 10 ans, et de son frère Mikaël, 6 ans.

« On ne s’est pas pris à l’avance. Il n’y a pas eu beaucoup de temps entre l’annonce de ce qu’on pouvait faire et le congé. Alors on profite de notre passe de la SEPAQ », indique la maman.

Quelques sorties ont été planifiées ainsi que des activités virtuelles. Mais les parents préfèrent limiter le temps passé devant l’ordinateur. « On propose [à nos enfants] le cinéma, mais ils regardent déjà des films à longueur de journée, sans masque. En plus, ce qu’ils aiment, c’est la nourriture et les jeux d’arcade après le film », explique M. Bertrand, avec un large sourire.

  • Anita Cirstea, son mari, Catalin Cirstea, et leur fils Alex font partie de ceux pour qui l’hiver pandémique se passe sur les pentes.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, LA PRESSE

    Anita Cirstea, son mari, Catalin Cirstea, et leur fils Alex font partie de ceux pour qui l’hiver pandémique se passe sur les pentes.

  • Les sœurs Méa et Lauranne Mulholland ont mis à profit leur traîneau le temps de quelques descentes.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, LA PRESSE

    Les sœurs Méa et Lauranne Mulholland ont mis à profit leur traîneau le temps de quelques descentes.

  • Pour leur part, Camille Normandeau et sa mère Gisèle Fournier ont plutôt profité du beau temps pour faire du ski de fond.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, LA PRESSE

    Pour leur part, Camille Normandeau et sa mère Gisèle Fournier ont plutôt profité du beau temps pour faire du ski de fond.

  • À la station de Ski Saint-Bruno, l’endroit était bondé, dimanche, comme presque chaque week-end.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, LA PRESSE

    À la station de Ski Saint-Bruno, l’endroit était bondé, dimanche, comme presque chaque week-end.

  • Le jeune Ayob Assari a aussi glissé en famille.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, LA PRESSE

    Le jeune Ayob Assari a aussi glissé en famille.

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Dans ce contexte et avec toutes les restrictions, mieux vaut jouer dehors, pensent les deux parents.

Daniel Poncelet est heureux de voir ses enfants prendre l’air. En temps normal, Roxane, Jonathan et Jérémie seraient avec leurs amis. « Leur cercle social s’est restreint. Ils passent leur temps avec la classe-bulle. Ils avaient des copains à l’extérieur de l’école, mais c’est sûr qu’on suit les consignes. Quand ils demandent s’ils peuvent les voir, on leur dit non », raconte le résidant de Chambly, père de quatre enfants.

La semaine de relâche se passera donc en bulle familiale, le plus possible à l’extérieur. Et, après le retour à l’école, M. Poncelet ne serait pas surpris d’une résurgence des cas de COVID-19, sans nécessairement s’attendre au pire. « Je pense que ça va faire comme au retour de Noël. Nous, on fait relativement attention, mais c’est sûr que certains vont se réunir pendant le congé. »

Le ski plutôt que le cinéma

En matinée et en fin d’après-midi, au Cinéplex Odéon de Saint-Bruno, moins d’une quinzaine de voitures occupent le stationnement. Pourtant, la plupart des films familiaux offerts sont à l’affiche. Certains débutent sous peu, a constaté La Presse.

À quelques kilomètres de là, c’est nettement plus animé. Des skieurs enthousiastes dévalent les pentes de la station de Ski Saint-Bruno. L’endroit est bondé, comme presque chaque week-end.

Anita Cirstea, son mari, Catalin Cirstea, et leur fils Alex font partie de ceux pour qui l’hiver pandémique se passe sur les pentes.

« On a eu du mal à trouver des activités pour le faire bouger. C’est compliqué, il faut réserver. En même temps, on ne veut pas le laisser devant un écran d’ordinateur ou la télévision toute la semaine », explique M. Cirstea en ajustant les skis de son garçon.

Habitué aux voyages à cette période de l’année, le couple profite d’une relâche sans plage ni palmiers pour initier au ski son fils de 9 ans. « Le plus dur, pour les enfants, c’est de ne pas être réunis avec des jeunes de leur âge », ajoute sa mère. Les cours de ski en groupe demeurent interdits, déplore-t-elle. « On comprend pourquoi, mais ça oblige les familles à payer pour des cours individuels. C’est plus cher. »

Une sortie au cinéma cette semaine pendant les journées plus froides avec son fils ? « Ça ne l’intéresse pas vraiment. Il ne peut pas manger là-bas, ce n’est pas comme le cinéma d’avant. »

Adrien Heron et Margaux Montieu ont aussi tiré parti du week-end pour skier avec leur fille Nil pour la première fois. « Nous travaillons tous les deux, alors ça ne change rien, relâche ou pas. Ce sera une semaine normale à la maison », explique M. Heron en haussant les épaules.

Même constat chez Olivier Valuet et Jude Jean-Baptiste. Ils ont délaissé les cinémas et les séjours en région à l’hôtel, expliquent-ils. Le couple de Brossard est en télétravail durant la relâche… avec trois filles pleines d’énergie âgées de 5, 11 et 13 ans.

« On a acheté plein de jeux de société. On lit beaucoup et, avec les bibliothèques fermées, on a appris à se servir du prêt numérique. Et aujourd’hui, c’est les cours de ski », énumère le père.

On veut – dans la mesure du possible – éviter les écrans.

« Elles s’ennuient de jouer avec leurs amies. On a beau faire toutes les activités, c’est l’aspect social qui manque », ajoute M. Valuet.