Malgré les recommandations de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), qui réclame une présence de l’armée à Kahnawake en cas d’intervention policière pour démanteler le blocus ferroviaire, Justin Trudeau persiste et signe : « Il n’est pas question d’envoyer l’armée contre des civils canadiens », a-t-il répété mercredi matin.  

Tristan Péloquin Tristan Péloquin
La Presse

De passage à l’usine de Lion Électrique à Saint-Jérôme, M. Trudeau réagissait à une déclaration du président de l’APPQ, Pierre Veilleux, qui a écrit la semaine dernière au premier ministre Legault pour recommander qu’une « équipe spécialisée des Forces armées canadiennes » accompagne les policiers de la SQ si ces derniers devaient intervenir sur la réserve.  

M. Veilleux a écrit cette lettre en apprenant que les Peacekeepers ont saisi, en janvier dernier, une mitrailleuse lourde de calibre .50 dans le cadre d’une opération où plusieurs armes ont été trouvées sur la réserve. « Ce type d’arme, faut-il le préciser, sert entre autres, selon ce qui nous est révélé sur le site du gouvernement du Canada/Forces armées, à percer des blindages ! », indique la lettre, dont le contenu a été révélé mercredi par La Presse.  

Justin Trudeau a répété qu’il privilégie la négociation avec les Mohawks pour mettre fin au blocus. « Nous avons des négociations productives en cours avec les Mohawks. Nous reconnaissons que ça prend du temps », a-t-il réagi.  

« Même si nous avons a pu rétablir le transport de marchandises par le CN, il y a des impacts sur le train de banlieue [à cause du blocus de] Kahnawake. Nous espérons pouvoir régler ça bientôt de façon durable et pacifique », a ajouté le premier ministre.   

Selon lui, la responsabilité d’intervenir pour mettre fin au blocus revient cependant à la province. « Nous reconnaissons que c’est à Québec de gérer une intervention policière potentielle. On peut régler ça de façon pacifique et durable. »

« Il n’est pas question d’envoyer l’Armée contre des citoyens canadiens. J’ai énormément confiance dans nos corps policiers et nous avons pleinement confiance dans les capacités du gouvernement [provincial] », a insisté M. Trudeau.