(Québec) Le tramway de Québec sera-t-il plus bruyant que des autobus ? Non, assure une étude acoustique dévoilée jeudi. Ces conclusions n’ont toutefois pas paru rassurer des citoyens d’un secteur délicat de Sainte-Foy, qui verront les trains passer au bout de leur cour.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« On a un contexte d’insertion assez favorable à Québec », a expliqué jeudi l’acousticien Éric Augis, de Systra. « On a rencontré des cas beaucoup plus durs que ce qu’on a vu ici dans d’autres villes. »

La firme Systra est sous contrat avec la Ville de Québec pour la conception du tramway. Son étude acoustique conclut que le tramway n’affectera pas de manière importante les riverains.

Le contexte sonore va s’améliorer sur 21 % de la ligne de tramway, et rester le même sur 74 %, conclut l’étude acoustique dévoilée jeudi. Les améliorations s’expliquent surtout car sur certains tronçons, l’arrivée du tramway va réduire le nombre d’autobus en circulation.

Le tramway est moins bruyant que l’autobus – entre 75 et 85 dB pour l’autobus, contre 75 dB pour le tramway, précise la firme.

Québec est particulièrement propice à un système sur rail car elle dispose d’espace pour les emprises. La distance moyenne entre le rail et les façades sera de 12 mètres. Dans le pire des cas, les trains passeront à 8 mètres des maisons.

« Dans certaines villes françaises on est parfois à 3 m des façades », précise M. Augis.

Le train au bout de la cour

Mais l’étude prévoit également des « zones de vigilance », où des mesures d’atténuation seront mises en place. La plus importante se situe à Sainte-Foy, sur le boulevard Pie-XII.

À cet endroit, le tramway doit passer sur des terrains d’Hydro-Québec qui donnent dans la cour arrière de plusieurs résidences. Les riverains pouvaient jouir jusqu’à maintenant d’un vaste terrain verdoyant derrière chez eux. C’est là que le tramway doit passer.

« Oui j’habite en ville, mais j’ai le boulevard en face de moi, j’en ai assez de la ville. Quand j’arrivais de travailler, j’aimais ça m’asseoir sur mon patio et prendre un verre d'eau, un verre de bière, un verre de vin, mais là je ne pourrai plus le faire ! », a déploré M. Lemay.

Systra recommande de construire un mur anti-bruit à cet endroit, ou même encore un merlon – une sorte de butte de terre. Avec un tel aménagement, les citoyens de Pie-XII ne subiront pas une augmentation significative du bruit, assure la firme.

La Ville de Québec va organiser une rencontre avec les citoyens du secteur le 4 décembre. Elle veut discuter avec eux des meilleures mesures à mettre en place. Mais déjà, M. Lemay a refusé tout dialogue, exigeant que le trajet soit modifié, plutôt que de passer au bout de sa cour.

« La meilleure solution dans ce secteur c’est le mur anti-bruit. On va chercher à les satisfaire. Mais je ne peux pas dire que je vais satisfaire tout le monde », a déclaré le responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Québec, Rémy Normand.

Systra a également dévoilé jeudi une étude vibratoire, qui conclut à l’absence d’enjeux majeurs. Des techniciens sont notamment allés cogner chez des riverains pour prendre des mesures dans leur salon. Devant les maisons, ils frappaient avec un marteau d’impact, puis prenaient des mesures de vibration à l’intérieur des résidences.

La Ville de Québec va maintenant dévoiler les études d’achalandage et de circulation. Le système de transport structurant doit coûter 3,3 milliards et entrer en service en 2026.