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Le vin du Québec obtient son appellation

Karyne Duplessis Piché

Collaboration spéciale

La Presse

En poste depuis à peine plus d'un mois, le gouvernement Legault répond à une demande de longue date des vignerons québécois. Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, annoncera vendredi la création d'une Indication géographique protégée (IGP) pour les vins de la province, selon ce qu'a appris La Presse.

Une nouvelle IGP

Après le maïs de Neuville, le cidre de glace et le vin de glace, c'est au tour du vin du Québec d'obtenir son appellation. Cette Indication géographique protégée avait été demandée il y a trois ans par l'industrie viticole afin de mieux promouvoir les produits auprès des consommateurs et d'en assurer la qualité. De l'avis de nombreux vignerons, le déclenchement des élections provinciales a retardé l'annonce. Le changement de gouvernement n'a toutefois pas retardé l'entrée en vigueur de l'appellation, puisqu'elle sera rétroactive. Les vins de la vendange 2018 auront droit à l'IGP, selon les informations obtenues. Le cabinet du ministre Lamontagne n'a pas rappelé La Presse pour confirmer la nouvelle.

Pas de nouvelles exigences

Pour obtenir l'IGP, les vins du Québec devront respecter plusieurs règles. Parmi celles-ci, les produits devront être élaborés à 100 % avec des raisins cultivés dans la province. De plus, ils devront être soumis à un test de goût à l'aveugle afin d'éliminer ceux ayant des défauts. La première dégustation des vins d'appellation aura lieu en mars prochain en collaboration avec la Société des alcools. De l'avis de plusieurs vignerons, les règles pour obtenir l'IGP seront peu différentes de celles déjà en vigueur pour obtenir la certification. « C'est du copié-collé, a résumé un producteur interrogé. Les vignerons qui ont déjà la certification n'auront pas de mal à obtenir l'IGP. »

Certification

Ailleurs au Canada, les vignerons adhèrent plutôt à la Vintners Quality Alliance (VQA), regroupement auquel les producteurs québécois ne se sont pas ralliés en 2008. Les producteurs d'ici ont créé l'année suivante leur propre certification afin de réglementer l'origine des raisins et la qualité des vins. Ces règles avaient été mises en place par l'Association des vignerons du Québec et une trentaine de producteurs y adhèrent. L'arrivée de l'IGP signera l'arrêt de mort de cette certification. Les consommateurs verront d'ailleurs apparaître un nouveau logo sur plusieurs bouteilles de vin du Québec, mais pas toutes. Les producteurs ne sont pas obligés de soumettre leurs produits à l'appellation.

Crédibilité

Même si l'IGP changera peu les règles déjà en place, les producteurs comptent sur cette appellation pour augmenter la crédibilité de leurs produits auprès des consommateurs locaux et même à l'étranger. « On manque de vin, explique un producteur. La demande dépasse l'offre et c'est autant plus vrai pour les vins certifiés. Plusieurs restaurants ne veulent que des vins certifiés sur leur carte. » C'est le cas du groupe Sportscene dont font partie les restaurants La Cage. La chaîne souhaite ajouter davantage de vins locaux à son offre et peine à trouver suffisamment de vins certifiés pour répondre à sa demande, précise le vice-président image de marque et innovation, Louis-François Marcotte.

Régions viticoles

L'obtention de l'IGP pour les vins du Québec facilitera une autre démarche entreprise par les producteurs : la délimitation de régions viticoles québécoises. Depuis plusieurs mois, le MAPAQ et l'auteure Nadia Fournier étudient la géologie et le climat afin de définir et de caractériser les zones viticoles. On pourrait ainsi bientôt voir apparaître des vins d'appellation portant le nom de différentes régions, comme le « Piémont appalachien » en Estrie ou encore la « Vallée du Richelieu » en Montérégie. Les vignerons espèrent également une aide financière de Québec pour planter davantage de vignes et pour acheter de l'équipement.

Automne difficile

L'annonce de l'IGP est un baume pour de nombreux producteurs qui subissent un automne difficile. L'été chaud et sec annonçait une vendange prometteuse, mais la météo a rapidement donné du fil à retordre aux vignerons. Les premiers gels sont arrivés avant même que tous les raisins ne soient récoltés, surtout dans l'est du Québec, freinant d'un coup leur maturité. La pluie a compliqué les récoltes, et maintenant le froid retarde différents travaux comme la taille. Alors que la neige tombe bon train à Québec, certains vignerons de la région n'ont même pas encore terminé de poser leur toile isolante sur les vignes.




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