Rouge, elle est bien connue, noire, un peu moins. Pourtant, au dire des initiés, cette variété de framboises qui pousse à l'état sauvage au Québec est tout aussi goûteuse, sinon plus, que la rouge. Des producteurs de la région l'ont compris. Certains ont décidé d'y investir et d'y consacrer une part grandissante de leur culture.

Mis à jour le 22 juill. 2008
Nancy Beaulieu

Denis Laflamme est l'un d'eux. Propriétaire d'Agrifruit, une framboisière de 10,5 acres à Dunham, il croit que cette variété gagne à être connue. «J'ai planté sept variétés de framboises et je demande aux gens qui viennent les cueillir laquelle ils préfèrent. Ils me disent tous la noire, dit-il. Les années d'après, ils m'appellent pour me demander quand elle sera prête parce qu'ils n'en trouvent pas dans les épiceries.» Le cultivateur estime qu'il y a seulement une quinzaine de producteurs de framboises noires au Québec.

En affaires depuis trois ans, M. Laflamme a progressivement augmenté le nombre de plants de framboises noires. «J'en ai 2000 et je prévois en planter 2000 à 3000 de plus l'année prochaine, puis je pourrais monter jusqu'à 4000, dit-il. Il y a un grand potentiel, mais les gens ne sont pas au courant.»

Thérèse Charbonneau cultive environ 1000 plants de framboises noires dans sa ferme familiale, le Paradis des fruits Dunham. Elle croit que la rareté de ce fruit sur le marché vient du fait que «les gens confondent avec les mûres». L'agricultrice explique aussi que la framboise rouge a envahi le marché parce qu'elle est "plus facile à cultiver". «La noire, ça prend plus de temps, les plants sont plus gros et il y a plus de pics», dit-elle.